À retenir
- Un juge pénal de paix d’Istanbul a ordonné mercredi 30 septembre 2026, à la demande du parquet, le blocage du site d’information T24, selon Turkish Minute.
- Le parquet reproche au média 118 contenus publiés en un an, qu’il qualifie de « propagande LGBT ».
- La mesure touche aussi les comptes de T24 sur les réseaux sociaux, dont 1,9 million d’abonnés sur X.
Le site d’information turc T24, qui se revendique indépendant de tout pouvoir financier ou politique, a été fermé sur décision d’un tribunal d’Istanbul, mercredi 30 septembre 2026.
Le 1er juge pénal de paix de la ville a statué sur demande du parquet. Celui-ci n’a pas désigné les articles incriminés ni expliqué pourquoi la totalité du site devait être bloquée.
Le blocage de T24 s’étend à X, YouTube et Instagram
L’exécution de la décision revient à la présidence turque de la cybersécurité. Les comptes du média sont visés : environ 1,9 million d’abonnés sur X, 268 000 sur YouTube et 238 000 sur Instagram.
La mesure s’inscrit dans l’opération « Ma famille est en sécurité » (« Ailem Güvende »), lancée le 13 septembre 2026 par le ministère turc de la Justice, d’après le média turc Diken.
Il s’agirait de la première fermeture complète d’un site d’information pour ce motif dans la période récente.
T24, fondé en 2009 par Doğan Akın, revendique son indépendance
Le site a été créé le 1er septembre 2009 par le journaliste Doğan Akın. Il se présente comme libre de toute pression financière ou idéologique, sans financement d’entreprise, de parti ou d’acteur extérieur.
Hasan Cemal, figure du journalisme turc et lauréat en 2015 du prix Louis M. Lyons de la fondation Nieman, à Harvard, collabore avec le site depuis 2013.
La représentante de T24 à Ankara, Gökçer Tahincoğlu, a dénoncé une campagne de calomnie et de lynchage orchestrée contre le média.
Des diplomates de six pays européens expriment leur inquiétude
Des diplomates d’Allemagne, de France, des Pays-Bas, de Suède, de Finlande et d’Islande ont fait part de leur préoccupation, rapporte Turkish Minute. Plus de 450 organisations de la société civile, issues de plus de 65 pays, ont par ailleurs demandé à Ankara de cesser la « criminalisation » du mouvement LGBTQ.
Aucun recours n’a été annoncé à l’heure où nous publions, et la liste des 118 contenus visés n’a pas été rendue publique.
























