Au CHU Pontchaillou de Rennes, un patient de 62 ans déclaré mort à l’issue d’une réanimation jugée vaine a retrouvé un pouls près de trois heures plus tard. Un cas extrêmement rare connu en médecine sous le nom de syndrome de Lazare.
L’histoire est si invraisemblable que les soignants eux-mêmes peinent à se l’expliquer. Le 23 avril, Didier, 62 ans, se rend au CHU de Rennes pour l’une de ses trois dialyses hebdomadaires. Atteint d’un cancer et privé de l’un de ses reins, il est fragile, mais conscient et bien éveillé en arrivant à l’hôpital.
Sur place, le patient fait un arrêt cardiaque. Les équipes pratiquent un massage cardiaque de quarante minutes. Sans résultat. Le décès est constaté, et la famille prévenue, selon Ouest-France, qui a recueilli le témoignage du service de réanimation médicale.
Trois heures plus tard, un pouls inattendu
Environ trois heures après le constat, alors que le corps repose au calme, des soignants détectent à la grande surprise de tous des battements cardiaques très faibles. Le patient n’est pas mort. Il revient à la vie, et l’équipe médicale parle d’un cas qu’elle n’avait jamais vu de cette façon.
« De ma carrière, j’ai connu un cas semblable », confie une infirmière du service de réanimation médicale du CHU au quotidien régional. Le phénomène est documenté dans la littérature médicale sous un nom qui dit tout : le syndrome de Lazare. Les constantes vitales descendent si bas qu’elles en deviennent quasi indétectables, avant de remonter spontanément, parfois plusieurs minutes ou heures après l’arrêt des manœuvres de réanimation.
Un phénomène extrêmement rare
Le syndrome doit son nom au Lazare biblique, que Jésus aurait ramené à la vie. Décrit dans la littérature scientifique depuis les années 1980, il reste un cas d’école : seuls 76 cas avaient été recensés à travers le monde jusqu’à fin 2022, selon les revues médicales spécialisées.
Bonne nouvelle pour Didier : le sexagénaire a repris connaissance, retrouvé l’usage de la parole et de ses membres, et attend désormais sa sortie de l’établissement. « J’ai eu beaucoup de chance », a-t-il confié, sobre, aux soignants.
D’autres histoires insolites où la vie ou les sauveteurs n’en mènent pas large parsèment ces dernières semaines : la charge d’un bouc en pleine ville sur les pompiers du Soler ou encore l’incroyable épave du XVIe siècle retrouvée à 2 500 mètres de fond.
