IAIntelligence artificielle· 3 min

Robots humanoïdes : la Chine se rue en Bourse, l’Europe décroche

Par Stéphane Larue · 14 juin 2026

Le fabricant chinois de robots humanoïdes EngineAI a déposé un projet d’entrée en Bourse à Hong Kong, selon Bloomberg. La jeune société de Shenzhen rejoint une vague d’entreprises chinoises qui se précipitent sur les marchés, au moment où la Chine fait passer le robot humanoïde du laboratoire à la chaîne de montage.

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L’essentiel

  • EngineAI, fondée en 2023 à Shenzhen, a déposé un dossier d’entrée en Bourse à Hong Kong
  • Sa nouvelle usine assemble un robot toutes les 15 minutes, pour une capacité de 10 000 unités
  • Les leaders Unitree et Agibot visent des valorisations de plusieurs milliards de dollars
  • L’Europe ne compte aucun champion comparable dans la course aux humanoïdes

L’information a circulé vendredi : EngineAI prépare son arrivée sur le marché de Hong Kong, épaulée par les banques CICC et Citic Securities, selon Bloomberg.

L’entreprise n’a que trois ans d’existence. Une levée de fonds bouclée en avril 2026 a propulsé sa valorisation au-delà de 10 milliards de yuans, soit environ 1,4 milliard d’euros.

Et elle est loin d’être seule. Le secteur chinois du robot humanoïde vit une ruée vers les marchés financiers d’une ampleur inédite.

Pourquoi les fabricants chinois foncent en Bourse

Le pionnier Unitree a déposé dès mars un dossier sur le marché STAR de Shanghai, pour lever environ 4,2 milliards de yuans (près de 610 millions de dollars).

La société de Hangzhou affiche une croissance vertigineuse : son chiffre d’affaires a été multiplié par plus de quatre en un an, atteignant 1,71 milliard de yuans en 2025.

Son rival Agibot viserait, lui, une valorisation comprise entre 5 et 6,4 milliards de dollars à Hong Kong. Le spécialiste de l’aspirateur Dreame et la jeune pousse Linkerbot étudient eux aussi une cotation.

Cette frénésie épouse un moment de marché euphorique pour la tech, illustré la même semaine par la spectaculaire entrée en Bourse de SpaceX.

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Un robot humanoïde toutes les 15 minutes

Ce qui distingue vraiment la Chine, c’est l’industrialisation. EngineAI a inauguré le 1er juin une usine de 12 000 m² à Shenzhen.

Selon l’entreprise, la chaîne produit un robot toutes les 15 minutes et vise une capacité de 10 000 unités par an. Les premiers modèles, baptisés T800, ont commencé à être livrés.

Le pays pourrait fabriquer entre 28 000 et 100 000 humanoïdes en 2026. Unitree, à lui seul, espère en livrer 10 000 à 20 000 sur l’année.

Ces machines ont quitté le terrain de la démonstration virale — EngineAI s’était fait connaître par une vidéo de salto avant. Elles visent désormais la logistique, la sécurité, l’accueil du public ou l’usine.

Et l’Europe dans tout ça ?

Face aux lignes de production chinoises, les États-Unis avancent leurs propres champions, de l’Optimus de Tesla au robot de la start-up Figure.

L’Europe, elle, ne dispose d’aucun acteur de premier plan. Plusieurs analyses redoutent un décrochage comparable à celui subi sur la voiture électrique.

Le salon VivaTech, où l’Europe défend son intelligence artificielle à Paris du 17 au 20 juin, cristallisera ce débat.

Reste la question sociale. Le débat sur l’emploi enfle, d’autant que l’IA est déjà la première cause de licenciements aux États-Unis.

À retenir

  • EngineAI vise Hong Kong, après Unitree à Shanghai et Agibot
  • La Chine produit déjà des humanoïdes en série, l’Europe reste absente
  • Prochain test grandeur nature : le salon VivaTech, du 17 au 20 juin
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