À retenir
- Le G7 va libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut d’ici quatre mois, annonce Emmanuel Macron
- Aucune interdiction d’exportation entre membres du G7, gaz américain compris
- C’est quatre fois moins que les 400 millions de barils débloqués en mars sous l’égide de l’AIE
- Au 19 septembre, le gazole coûtait 2,402 € le litre en moyenne, soit 9,6 centimes de plus en sept jours
Au sommaire
Le G7 passe à l’action sur les carburants. Vendredi 2 octobre, à l’issue d’une visioconférence des dirigeants, Emmanuel Macron a annoncé que les pays membres allaient prélever sur leurs stocks stratégiques jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut.
L’opération sera coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et doit s’étaler sur quatre mois, soit jusqu’en février 2027 environ. Le président français en attend une baisse des prix à la pompe.
Ce que le G7 a décidé exactement
Deux produits sont visés : le diesel et le pétrole brut. Les volumes sortiront des réserves publiques des pays du G7.
Les dirigeants ont aussi acté qu’il n’y aurait aucune interdiction d’exportation entre eux. Emmanuel Macron indique que Donald Trump, qui avait menacé de réduire les exportations de gaz américain, s’est montré sans ambiguïté sur ce point.
Premier effet sur les marchés : vendredi vers 15 h 55, heure de Paris, le baril de Brent pour livraison en décembre reculait de près de 2 %, autour de 100,3 dollars.
Cette libération est-elle plus importante que celle de mars ?
Non, elle est nettement plus modeste. En mars, l’Élysée avait annoncé la plus grande libération de réserves jamais décidée : 400 millions de barils.
À l’époque, la présidence comparait ce volume à 20 jours de flux sortant du détroit d’Ormuz. Avec le même ratio, 100 millions de barils représentent environ cinq jours : c’est un calcul à partir de ce rapport, pas un chiffre officiel.
Le tableau met les deux annonces côte à côte.
| Critère | Mars 2026 | 2 octobre 2026 |
|---|---|---|
| Volume | 400 millions de barils | Jusqu’à 100 millions |
| Produits | Pétrole des réserves | Diesel et pétrole brut |
| Calendrier | Dès la mi-mars | Sous quatre mois |
| Réaction du Brent | Resté au-dessus de 100 $ | Autour de 100,3 $, -2 % |
Les prix à la pompe vont-ils baisser vite ?
Rien ne le garantit à court terme. Selon l’UFIP Énergies & Mobilités (relevé du 6 mars 2026), le pétrole pèse 35 % du prix du gazole à la pompe et 28 % de celui du SP95-E10.
Le reste vient surtout des taxes et des coûts de distribution. En 2026, l’accise s’élève à 60,8 centimes par litre pour le gazole et à 67 centimes pour le SP95-E10.
Le point de départ est élevé. Au 19 septembre, selon prix-carburant.eu, le gazole s’affichait à 2,402 € le litre et le SP95-E10 à 2,159 €.
Chez TotalEnergies, qui plafonne ses prix, le diesel restait à 2,25 € le litre, ce qui illustre l’écart entre les annonces et les étiquettes.
Lors de son interview du 24 septembre, Emmanuel Macron a jugé une baisse des taxes sur les carburants moins vertueuse. Il a ajouté qu’il ne fallait rien exclure si la crise durait.
Comment suivre l’évolution des prix près de chez soi
Pour vérifier si la baisse annoncée arrive vraiment dans les stations, quatre repères suffisent.
- Relever le prix du jour du carburant utilisé, gazole ou SP95-E10, dans ses stations habituelles.
- Comparer les stations de sa zone sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr.
- Noter le prix une fois par semaine, car l’effet d’un recul du brut se lit sur plusieurs semaines.
- Rapprocher son relevé de la moyenne nationale publiée chaque semaine par le ministère de la Transition énergétique.
Les erreurs à éviter
Première erreur : croire que ces barils feront baisser le litre dès la semaine prochaine. Le volume est étalé sur quatre mois et représente un quart de la libération de mars.
Deuxième erreur : confondre le prix du baril, exprimé en dollars, et celui du litre, taxes comprises. Un baril contient environ 159 litres.
Troisième erreur : se fier à la seule moyenne nationale. Les prix varient d’une station à l’autre, y compris à quelques kilomètres de distance.
Gazole, essence, professionnels : les cas particuliers
Le diesel est explicitement visé, ce qui concerne d’abord les automobilistes roulant au gazole. La France importe une grande partie du gazole qu’elle consomme, alors qu’elle exporte des essences produites sur son sol, rappelle Connaissance des énergies.
Les grands rouleurs et les salariés qui font de longs trajets restent les plus exposés. Les dispositifs existent déjà, comme l’aide aux grands rouleurs et son plafond relevé.
Côté employeurs, la prime carburant jusqu’à 1 000 € peut aussi alléger la facture, selon les conditions prévues.
Les informations de cet article reposent sur les déclarations d’Emmanuel Macron du 2 octobre, sur le compte rendu de l’Élysée du 11 mars 2026, sur les données de l’UFIP Énergies & Mobilités et sur les relevés de prix-carburant.eu.
























