À retenir
- Le PIB français a reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, selon la première estimation de l’Insee publiée le 30 octobre
- Après -0,2 % au premier trimestre et une stagnation au deuxième, la récession technique n’est pas atteinte
- Le commerce extérieur retranche 0,6 point à la croissance, tandis que la consommation des ménages progresse de 0,4 %
- L’acquis de croissance pour 2026 n’atteint que 0,2 %, loin de l’objectif de 0,5 % du gouvernement
Au sommaire
L’économie française a reculé de 0,1 % entre juillet et septembre 2026, selon la première estimation de l’Insee publiée vendredi 30 octobre. Les économistes attendaient en moyenne une hausse de 0,1 %.
Ce troisième trimestre fait suite à une stagnation (0 %) au deuxième trimestre et à un recul de 0,2 % au premier. Sur les neuf premiers mois de l’année, deux trimestres sur trois se terminent donc dans le rouge.
Le commerce extérieur retire 0,6 point à la croissance
C’est le commerce extérieur qui explique l’essentiel du recul. Sa contribution passe de +0,6 point au deuxième trimestre à -0,6 point au troisième : les exportations baissent de 1,7 % quand les importations progressent de 0,1 %.
L’industrie suit le mouvement. La production manufacturière recule de 1,4 %, avec -3,5 % pour les matériels de transport et -1,5 % pour l’agroalimentaire.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du vendredi 30 octobreÀ la une : l’Arcom met en garde Radio FranceLire l’édition →Deux contributions positives amortissent le choc : les variations de stocks ajoutent 0,4 point, la demande intérieure hors stocks 0,1 point.
Deux trimestres sur trois dans le rouge, mais pas de récession technique
On parle de récession technique après deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Ce n’est pas le cas ici, puisque le deuxième trimestre est resté stable.
Le seuil est pourtant fragile : un nouveau recul au quatrième trimestre le franchirait. La première estimation du T4 est attendue le 29 janvier 2027.
Les ménages consomment davantage, mais investissent moins
La consommation des ménages gagne 0,4 % au troisième trimestre, après +0,2 % au deuxième. Elle reste le principal soutien de l’activité, alors que l’Insee a mesuré une confiance des ménages tombée à 80 en octobre.
L’investissement, lui, continue de reculer : -0,6 % pour la formation brute de capital fixe, après -0,5 %. Les ménages réduisent le leur de 1,3 %, les entreprises non financières de 0,4 % et la construction de 0,5 %.
L’acquis de 0,2 % éloigne l’objectif de 0,5 % pour 2026
L’acquis de croissance, c’est-à-dire la hausse annuelle déjà garantie si le PIB stagnait d’ici décembre, ne s’élève qu’à 0,2 % pour 2026, contre 0,9 % en 2025.
Le gouvernement vise 0,5 % de croissance pour 2026 dans le projet de loi de finances 2027, contre 1,0 % dans la loi de finances initiale. L’Insee et la Banque de France tablent sur 0,4 %. Atteindre 0,5 % supposerait une hausse d’environ 1,1 % au quatrième trimestre, un rythme sans rapport avec les trimestres écoulés.
La mauvaise surprise pèse aussi sur le débat budgétaire, avec un déficit public visé à 5,4 % du PIB en 2026. Sur le front monétaire, le taux de dépôt de la BCE s’établit à 2,50 % : on retrouve le dossier dans le portrait de Christine Lagarde, la présidente de la BCE qui annonce son départ.
L’Insee publiera le détail des comptes du troisième trimestre le 27 novembre 2026.
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