À retenir
- L’eurodéputée Sarah Knafo a contesté dès les premières questions le travail de Simon Le Baron et Audrey Tison, mercredi 28 octobre dans le « 8.30 franceinfo »
- Elle a qualifié l’attaque de Trappes de raciste, avant d’accuser le service public de « malhonnêteté permanente »
- franceinfo apporte son « plein soutien » à ses deux journalistes et dénonce une « stratégie visiblement délibérée de délégitimation »
- Les sociétés des journalistes de franceinfo et de Radio France ont publié un communiqué dans l’après-midi
Au sommaire
L’interview de Sarah Knafo sur franceinfo a tourné à l’affrontement mercredi 28 octobre, pendant plus de vingt minutes. La chaîne a répondu quelques heures plus tard en défendant ses deux journalistes.
Trappes, puis « malhonnêteté permanente »
L’entretien s’ouvre sur l’attaque raciste de Trappes (Yvelines), qui a fait un mort et cinq blessés. Simon Le Baron demande à l’élue de Reconquête si elle condamne les faits. Réponse : « Évidemment, vous nous prenez pour qui ? »
Interrogée sur le caractère raciste de l’attaque, elle dit n’avoir « aucun problème à le qualifier de raciste ». Elle reproche ensuite au service public sa « malhonnêteté permanente ».
Une feuille sur le « racisme anti-Blancs » et « Soyez élégant avec les femmes ! »
Sarah Knafo sort une feuille imprimée : une publication de franceinfo datant de 2018 sur le racisme anti-Blancs. Le journaliste lui demande pourquoi aborder ce thème après une attaque visant notamment des personnes noires et une femme voilée.
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du mercredi 28 octobreÀ la une : huit candidats face à la presseLire l’édition →Elle met alors en cause son impartialité et lui demande à plusieurs reprises s’il est militant de gauche, puis lance : « Soyez élégant avec les femmes ! » Simon Le Baron répond qu’il doit conduire l’interview sans prendre position politiquement : « Je condamne tous les racismes. »
Audrey Tison rappelle le cadre : « Nous sommes dans le cadre d’une interview, pas d’un discours politique de meeting. » Sarah Knafo conclut : « Mon parti n’appelle pas à la violence. »
Après l’émission, l’élue a publié plusieurs messages sur X, dont une vidéo tournée devant les studios, qualifiant l’échange d’« interview lunaire ».
Votre argent, vos droitsVirement Caf du 5 novembre : les vrais montants maximum, aide par aide→franceinfo : « plein soutien à Simon Le Baron et Audrey Tison »
Dans l’après-midi, franceinfo a publié une mise au point sur X. La chaîne y rappelle qu’une interview politique est un cadre dans lequel « il appartient aux journalistes de poser des questions, relancer et confronter les responsables politiques ».
Elle regrette que ce cadre n’ait pas pu être tenu, « compte tenu d’une stratégie visiblement délibérée de délégitimation du travail journalistique ». Elle condamne aussi les messages haineux, insultants et menaçants reçus par les deux journalistes.
Les sociétés des journalistes de Radio France s’en mêlent
Selon le HuffPost, les sociétés des journalistes de franceinfo et de Radio France ont publié un communiqué dans l’après-midi. Elles estiment que l’invitée est venue dénigrer l’audiovisuel public plutôt que répondre aux questions, et que les journalistes ont tenu face à cette attitude.
Cette séquence intervient six jours après le numéro de « Complément d’enquête » consacré à Sarah Knafo sur France 2. Pour le parcours de l’élue, voir notre portrait de Sarah Knafo ; pour le contexte de l’interview, le point sur l’enquête de Trappes.
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