À retenir
- CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU appellent à une journée de grève et de manifestations jeudi 5 novembre 2026, dans le public comme dans le privé, selon le SE-Unsa.
- Dans le privé, aucun préavis n’est exigé et le salarié n’a pas à prévenir son employeur, indique service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 10 août 2026).
- La retenue est proportionnelle à l’arrêt : 92,31 € pour 7 heures sur un salaire de 2 000 € brut par mois, soit 13,19 € de l’heure.
- Les enseignants du premier degré doivent se déclarer avant le lundi 2 novembre à 23 h 59, les salariés des transports publics 48 heures avant.
Au sommaire
Jeudi 5 novembre 2026, un gréviste du privé payé 2 000 € brut par mois perd 92,31 € pour une journée de 7 heures. Cinq syndicats appellent ce jour-là à la grève dans le public comme dans le privé, selon l’appel relayé par le SE-Unsa le 19 octobre.
Les règles changent selon le statut du salarié ou de l’agent. Voici ce que dit la loi, ce que coûte une journée d’arrêt et les dates à ne pas manquer.
Cette mobilisation fait suite à celle du 29 septembre et vise le projet de budget du gouvernement. Les syndicats réclament des hausses de salaires, une revalorisation du point d’indice et davantage de moyens pour les services publics. Nous avons détaillé l’appel des cinq syndicats à l’arrêt du public et du privé au moment de son annonce.
Faut-il prévenir son employeur avant la grève du 5 novembre dans le privé ?
Non. Selon la fiche de service-public.gouv.fr sur le droit de grève dans le privé, il n’existe aucun préavis dans ce secteur : la grève peut commencer à tout moment. Le salarié n’a pas à informer son employeur de son intention, même s’il peut prévenir de son absence.
Il faut au moins deux salariés pour qu’il y ait grève. Un salarié seul peut toutefois s’arrêter s’il suit un appel national, ce qui est le cas le 5 novembre. Il n’a pas besoin d’être syndiqué.
La grève est protégée : sauf faute lourde, un gréviste ne peut être ni sanctionné, ni licencié, ni discriminé, par exemple sur une augmentation de salaire. Les violences et les dégradations, elles, restent illégales et peuvent être sanctionnées.
Combien perd un gréviste sur une fiche de paie de 2 000 € brut par mois ?
L’employeur peut retenir une part proportionnelle du salaire et de ses accessoires, selon service-public.gouv.fr. Toute retenue qui dépasse la durée réelle de l’arrêt est interdite.
Dans le privé, la base courante est celle des 151,67 heures mensuelles d’un temps plein à 35 heures. Pour 2 000 € brut, une heure vaut donc 13,19 €.
Le tableau compare la retenue estimée pour un salaire de 2 000 € brut par mois, hors primes.
| Situation | Retenue estimée |
|---|---|
| Privé, 1 heure d’arrêt | 13,19 € |
| Privé, 3 h 30 d’arrêt | 46,15 € |
| Privé, journée de 7 heures | 92,31 € |
| Agent de l’État, 1 heure | 66,67 € |
| Agent de l’État, une journée | 66,67 € |
Pour un agent de l’État, la règle du trentième s’applique : une journée de grève, même partielle, coûte 1/30e de la rémunération mensuelle, soit 66,67 € ici. Dans la territoriale et l’hospitalière, le décompte peut différer, et le service des ressources humaines le confirme.
Ces montants sont des estimations de la rédaction. La retenue réelle dépend du contrat, des primes et de la convention collective.
Quels délais pour les enseignants du premier degré, les agents publics et les cheminots ?
Dans la fonction publique, ce sont les syndicats qui déposent le préavis, au moins cinq jours francs avant la grève. Le secteur public compte 5,85 millions d’agents au 31 décembre 2024, selon la Direction générale de l’administration et de la fonction publique : 2,58 millions à l’État, 2,02 millions dans la territoriale et 1,25 million à l’hôpital.
Les enseignants du premier degré doivent transmettre leur déclaration individuelle d’intention de grève au plus tard le lundi 2 novembre 2026 à 23 h 59, indique le SE-Unsa.
Dans les transports publics, les salariés doivent se déclarer 48 heures avant, soit dès le mardi 3 novembre. Quatre fédérations de cheminots ont déposé un préavis commun, comme le détaille notre article sur la grève SNCF du 5 novembre et ses conséquences pour les voyageurs.
Ce que vous devez faire
- Salarié du privé : décidez de votre arrêt le jour même, sans déclaration ni préavis, et prévenez votre employeur si vous le souhaitez.
- Enseignant du premier degré : transmettez votre déclaration individuelle avant le lundi 2 novembre à 23 h 59.
- Salarié des transports publics : déclarez-vous 48 heures avant, soit à partir du mardi 3 novembre.
- Estimez la retenue : salaire brut mensuel divisé par 151,67, multiplié par le nombre d’heures non travaillées.
- Contrôlez la fiche de paie de novembre et, en cas de doute sur une retenue, posez la question à Allô Service Public, service gratuit rattaché au ministère du Travail.
Vos questions sur la grève du 5 novembre
Une grève peut-elle durer moins d’une journée ?
Oui. Selon service-public.gouv.fr, aucune durée minimale ou maximale n’est fixée dans le privé : une grève peut être très courte, durer plusieurs semaines et être répétée.
Peut-on rattraper les heures perdues pendant la grève ?
Non. Selon la même fiche, les heures non travaillées à cause de la grève ne peuvent pas être récupérées plus tard.
Le contrat de travail est-il rompu par la grève ?
Non, la grève suspend le contrat de travail sans le rompre. Un licenciement n’est possible qu’en cas de faute lourde, c’est-à-dire de participation personnelle à des actes illégaux.
Sources : fiche « Droit de grève d’un salarié du secteur privé » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 10 août 2026 ; chiffres clés 2026 de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique ; appel relayé par le SE-Unsa le 19 octobre 2026. Retrouvez aussi nos repères dans le guide emploi, retraite et formation.










