À retenir
- Le personnel a cessé le travail mardi 22 septembre dès 5 heures, rapporte ICI Normandie.
- Heidelberg Materials a annoncé le 16 septembre un projet d’arrêt de l’usine ouverte en 1964, qui produit environ 450 000 tonnes par an.
- Le groupe invoque une chute de 30,7 % des volumes de ciment vendus en France depuis 2023.
- Aucune date d’arrêt n’est officielle : les négociations doivent s’ouvrir à partir du jeudi 24 septembre, selon France 3.
Six jours après l’annonce de la fermeture, les salariés de la cimenterie de Ranville, près de Caen, sont en grève depuis 5 heures ce mardi 22 septembre, rapporte ICI Normandie. Le mouvement vise le projet de Heidelberg Materials, qui veut arrêter le site calvadosien.
87 salariés et 450 000 tonnes de ciment par an à Ranville
Le groupe allemand a rendu public son projet le mercredi 16 septembre. Il concerne 87 salariés, hors quatre postes vacants, dans une ancienne usine Calcia qui tourne depuis 1964.
La direction justifie sa décision par « la baisse significative » des volumes de ciment, liée à la faiblesse de la construction en France, selon Tendance Ouest. Selon La Clé Publique, le recul atteint 30,7 % depuis 2023.
Heidelberg Materials promet à chaque salarié au moins une proposition de poste dans ses autres sites français, et évoque des solutions de reclassement externe.
À la mairie, le choc est net. Thierry Picot, adjoint à l’urbanisme, s’est dit « totalement abasourdi ». La commune de 2 000 habitants redoute un impact « très très important » sur ses recettes fiscales.
Beffes et Villiers-au-Bouin, déjà fermés pour le même motif
Ranville n’est pas un cas isolé. En avril 2024, Heidelberg Materials France annonçait déjà la fermeture de deux sites, Beffes dans le Cher et Villiers-au-Bouin en Indre-et-Loire, en invoquant déjà la baisse des ventes de ciment.
La CGT Calcia Heidelberg Materials fait le compte : « Ranville devient le cinquième four éteint en 6 ans ».
Dans le même temps, le groupe dit avoir investi 650 millions d’euros dans ses quatre autres cimenteries françaises, à Airvault, Beaucaire, Bussac-Forêt et Couvrot. Il veut y produire des ciments moins chargés en clinker, donc moins émetteurs de CO2.
Le secteur industriel français a connu d’autres coups durs cet été, comme à Tarascon, où l’usine Fibre Excellence a fermé définitivement avec 270 salariés licenciés.
Négociations dès le 24 septembre, avis des élus sous deux mois
La procédure ne fait que commencer. Selon France 3 Normandie, les négociations sociales doivent s’ouvrir à partir du jeudi 24 septembre, et les représentants du personnel disposent de deux mois pour rendre leur avis, soit jusqu’à la mi-novembre.
Aucun échéancier officiel n’a été communiqué. Les représentants du personnel évoquent un horizon d’environ dix-huit mois, vers mars 2028, toujours selon France 3.
























