À retenir
- Un arrêté du préfet du Nord instaure un couvre-feu de 20 heures à 6 heures, à partir du lundi 19 octobre et pour deux nuits
- Lille, Douai, Wattignies et Denain sont concernées, avec l’accord de chacun de leurs maires selon franceinfo
- La mesure fait suite aux violences et aux pillages en marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère
- Denain applique déjà un couvre-feu municipal de 21 heures à 6 heures, jusqu’au dimanche 25 octobre inclus
Lille, Douai, Wattignies et Denain sont placées sous couvre-feu à partir de ce lundi 19 octobre, de 20 heures à 6 heures du matin. Un arrêté du préfet du Nord encadre la mesure pour les deux prochaines nuits, avec l’accord des quatre maires, selon les informations de franceinfo.
Matignon avait annoncé ces premiers couvre-feux dans la journée. Le Premier ministre avait demandé aux préfets des couvre-feux « partiels » et « localisés », destinés en particulier à protéger les commerces, comme il l’a détaillé en annonçant le chômage partiel à 100 % pour les commerces pillés.
Le couvre-feu préfectoral court jusqu’à mercredi 6 heures
La mesure couvre les nuits de lundi et de mardi. Elle prend donc fin mercredi 21 octobre à 6 heures, sauf prolongation.
Le texte de l’arrêté n’était pas consultable à l’heure où nous écrivons. Les personnes visées, les dérogations prévues et les sanctions encourues n’ont pas encore été rendues publiques par la préfecture du Nord.
À Lille, plus de 80 commerces pillés ou vandalisés samedi
Le défilé lillois du samedi 17 octobre a réuni environ 22 000 personnes, selon le préfet Bertrand Gaume, dont les services en attendaient 10 000.
Un McDonald’s de la Grand’Place et une boutique de la rue de Béthune ont été incendiés. Le procureur de Lille, Samuel Finielz, a qualifié ces deux incendies de « manifestement criminels ».
La mairie a été brièvement envahie et la Maison de la médiation, un lieu d’accès au droit, a fermé jusqu’à nouvel ordre. Dimanche à la mi-journée, la préfecture et le parquet faisaient état de 61 interpellations et 56 gardes à vue.
Lundi matin sur ici Nord, le maire Arnaud Deslandes a chiffré les dégâts : « Plus de 80 commerçants ont été vandalisés ou pillés ». Il écartait alors un couvre-feu municipal : « Moi, je ne le ferai pas à Lille ». Selon lui, les groupes étaient présents dès 18 heures dimanche.
Denain avait déjà fixé un couvre-feu à 21 heures jusqu’au 25 octobre
À Denain, la maire Anne-Lise Dufour-Tonini a pris son propre arrêté dès dimanche 18 octobre. Il interdit la circulation et la présence sur la voie publique de 21 heures à 6 heures, aux adultes comme aux mineurs, jusqu’au dimanche 25 octobre inclus.
Des dérogations y sont prévues pour les déplacements professionnels indispensables, les urgences médicales, les motifs familiaux impérieux et l’assistance aux personnes vulnérables.
Samedi vers 20 h 30, une cinquantaine de jeunes, certains cagoulés, ont incendié des poubelles et tenté d’ériger une barricade, selon la mairie. Des vitrines et des caméras de surveillance ont été dégradées, et les forces de l’ordre visées par des pierres et des tirs de mortiers d’artifice.
L’arrêté préfectoral avance l’horaire d’une heure pour les deux nuits concernées. Son articulation avec l’arrêté municipal n’a pas été précisée.
Le Nord n’est pas le seul département touché : la même mobilisation a donné lieu à des pillages qui ont frappé les commerces lyonnais.



























