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Étudiants en journalisme : 780 signataires dénoncent la couverture des lycéens

Dans une tribune publiée par L'Humanité, des élèves de 15 écoles reprochent aux grands médias de réduire le mouvement lycéen aux dégradations et d'occulter ses revendications.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Étudiants en journalisme : 780 signataires dénoncent la couverture des lycéens
Image d’illustration générée par IA

À retenir

  • 780 élèves de 15 écoles de journalisme, dont le CFJ, l’ESJ Lille et le Celsa, signent une tribune parue le 16 octobre dans L’Humanité
  • Ils reprochent aux grands médias de mettre en avant les dégradations et de taire les revendications lycéennes comme les violences policières
  • Selon Acrimed, les JT de France 2 ont accordé 47 secondes aux accusations de violences policières entre le 28 septembre et le 1er octobre
  • Le syndicat SNJ-CGT a salué lundi 19 octobre la prise de position de ces futurs journalistes

Des étudiants en journalisme prennent publiquement leurs distances avec la façon dont une partie de la profession raconte le mouvement lycéen. Dans une tribune publiée le 16 octobre par L’Humanité, 780 élèves issus de quinze écoles résument leur position d’une phrase : « Nous ne voulons pas de ce journalisme. »

Les signataires qualifient d’« intolérable » le traitement réservé à la mobilisation par une large part des rédactions. Ils estiment que les dégâts matériels y occupent l’essentiel de l’espace, au détriment des revendications et des blessures subies par des manifestants, souvent mineurs.

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Ils affichent aussi leur soutien à la pétition « 10 mesures d’urgence pour la jeunesse », lancée le 5 octobre par l’Union étudiante. Elle réclame notamment la rénovation des bâtiments scolaires, des recrutements massifs dans l’éducation et la fin de la répression du mouvement.

Onze sujets au JT de France 2, 47 secondes sur les violences policières

La tribune s’appuie sur un relevé d’Acrimed, l’association de critique des médias. Publié le 2 octobre, il porte sur les journaux de 13 heures et de 20 heures de France 2, du 28 septembre au 1er octobre 2026.

Sur onze sujets, soit 24 minutes et 53 secondes d’antenne, les violences, incendies et affrontements occupent 19 minutes et 26 secondes, soit 78 % du temps. Les revendications des lycéens en totalisent 1 minute et 56 secondes, soit 8 %.

Les accusations de violences policières tiennent en 47 secondes.

Acrimed relève encore près de trois minutes consacrées aux accusations du gouvernement contre La France insoumise. La tribune arrondit la part des dégradations à 75 %, quand le relevé de l’association la chiffre à 78 %.

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Les futurs journalistes dénoncent une « manipulation sémantique »

Au-delà du temps d’antenne, les étudiants visent le vocabulaire. D’après eux, des feux de poubelle deviennent des « violences urbaines », quand les blessures attribuées aux forces de l’ordre se rangent sous l’expression « maintien de l’ordre ».

Ils y voient « un choix éditorial » plutôt qu’une simple affaire de mots. Ils reprochent aussi à certains médias de ne pas flouter les mineurs photographiés ou filmés pendant les rassemblements.

Les signataires disent se reconnaître davantage dans des titres à la ligne indépendante. Ils appellent les rédactions grand public à « se responsabiliser », en pleine précampagne présidentielle.

Le CFJ, l’ESJ Lille et le Celsa parmi les quinze écoles

Les signataires étudient à CY Cergy, au Celsa, au CFJ, à l’ESJ Lille, à l’école de Grenoble, à l’IFP, à l’EJCAM de Marseille, à l’IJBA de Bordeaux, à l’IPJ, à l’EDJ, au CUEJ de Strasbourg, à l’IUT de Lannion, à l’EJC de Cannes, au master de Metz et à l’EPJT de Tours.

Ce sont des étudiants qui signent, et non les établissements. Pour l’IJBA, le texte mentionne ainsi les seuls « étudiant.es mobilisé.es ».

Le SNJ-CGT, syndicat de journalistes, a salué lundi 19 octobre cette prise de position, dans un texte consacré au traitement médiatique de la mobilisation. Acrimed poursuit de son côté ses relevés, avec une analyse publiée le même jour sur les interviews de la matinale de France Inter.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.