À retenir
- Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a signalé l’influenceur Rayan psn au procureur de la République lundi 12 octobre
- Le motif retenu par la préfecture est l’« incitation à commettre un crime ou un délit »
- En cause, des propos tenus en direct sur Twitch avant la mobilisation prévue samedi 17 octobre
- Un signalement n’est ni une plainte ni une poursuite : le parquet décide seul des suites
Au sommaire
Patrice Faure, préfet de police de Paris, a transmis lundi 12 octobre au procureur de la République des propos de l’influenceur Rayan psn, de son vrai nom Rayanne B. La préfecture de police l’a fait savoir jeudi 15 octobre.
Elle vise des appels à « participer à des émeutes » samedi 17 octobre, qui relèveraient selon elle d’une incitation à commettre un crime ou un délit.
« Le 17, c’est war zone » : les propos tenus sur Twitch lundi
Les déclarations signalées ont été faites en direct sur Twitch, la plateforme de streaming.
D’après la préfecture, l’influenceur a lancé à son audience : « Le 17, c’est war zone ! » Il a ajouté : « Je veux des chefs de meute, des gens qui n’ont pas peur, qui ont déjà fait des gardes à vue. »
L’influenceur est suivi par plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur ses différents réseaux sociaux.
La préfecture de police invoque des antécédents judiciaires
Dans sa communication, la préfecture rappelle que l’intéressé a déjà fait l’objet de « plusieurs procédures et condamnations judiciaires ».
Elle cite notamment une plainte de Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale, pour outrage et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique. L’influenceur avait alors invoqué un « jeu d’acteur » et contesté avoir menacé le ministre de mort.
Le parquet seul juge des suites à donner
Le préfet a agi par voie de signalement. Ce n’est pas une plainte, et aucune poursuite n’a été annoncée à ce stade.
« Il appartient désormais à l’autorité judiciaire d’apprécier les faits signalés et de déterminer les suites à leur donner », indique la préfecture de police.
La provocation directe à commettre certains crimes ou délits est réprimée par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, même lorsqu’elle n’est pas suivie d’effet. Le texte prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Rayanne B. reste présumé innocent. Il ne s’est pas exprimé publiquement sur ce signalement à l’heure où nous publions.
Gilets jaunes et lycéens attendus dans la rue samedi
La journée du 17 octobre doit réunir des Gilets jaunes mobilisés contre la vie chère et des jeunes en colère, autour de plusieurs rassemblements.
Sur le terrain, plusieurs figures du mouvement ont déjà appelé à défiler, comme Jérôme Rodrigues, qui appelle à manifester le 17 octobre.
L’état d’esprit des futurs manifestants a aussi été mesuré lors d’un débat télévisé, où des Français oscillent entre colère et résignation.






















