À retenir
- Jeudi 15 octobre au soir, Jérôme Rodrigues a appelé sur BFMTV à rejoindre la mobilisation de samedi 17 octobre contre la vie chère
- L’ancien gilet jaune oppose les « milliards » des gouvernants aux « centimes » des ménages et réclame des comptes sur l’usage de l’impôt
- Le restaurateur parisien Stéphane Manigold conditionne sa présence dans la rue à l’absence de dégradations
- Éborgné en 2019 à la Bastille, il met en cause le maintien de l’ordre ; le policier soupçonné sera jugé par une cour criminelle
Au sommaire
Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, a appelé jeudi 15 octobre à descendre dans la rue samedi, sur le plateau du Forum BFMTV présenté par Maxime Switek. À deux jours des cortèges, l’ancien manifestant a résumé sa colère par une formule sur l’argent public.
Baptisée « Colères, angoisses : le chaudron français », cette soirée spéciale diffusée en direct sur BFMTV et TikTok réunissait des citoyens, des élus et des spécialistes. Au menu : le pouvoir d’achat, le mouvement lycéen, le prix des carburants et la journée d’action du 17 octobre.
Plusieurs participants s’y sont dits résignés, à l’image de Sabrina, entrepreneuse à Marseille et mère de trois enfants, qui manifestera pourtant pour la première fois samedi.
Jérôme Rodrigues invoque 1936 pour appeler à défiler samedi
L’ancien gilet jaune a refusé ce repli. « La résignation ne doit pas pousser au silence », a-t-il lancé, en rappelant avoir déjà soutenu en vidéo les lycéens et la date du 17.
Il a cité les grèves de 1936, dont sont issus les congés payés, pour défendre l’idée qu’on n’obtient « rien sans rien ». Rester chez soi à « se morfondre » devant son téléphone ou la télévision ne suffit pas, selon lui.
Jérôme Rodrigues décrit des gouvernants « enfermés dans leur cage dorée », occupés « à jongler avec des milliards pendant que nous on jongle avec des centimes ». Avant de conclure : « Ces gens-là ne savent même pas compter. »
Farid, professeur à Roubaix et responsable d’épiceries solidaires, ne le suivra pas : il juge que « la meilleure des manifestations, c’est 2027 » et redoute une récupération politique des cortèges.
D’autres voix se sont ajoutées à l’appel ces derniers jours : Dominique Rizet a lui aussi dit envisager de défiler le 17 octobre.
Stéphane Manigold demande à l’ancien gilet jaune un samedi sans casse
L’échange le plus vif l’a opposé à Stéphane Manigold, restaurateur parisien. Il dit avoir eu « beaucoup de compassion » pour les gilets jaunes à leurs débuts, avant d’être rebuté par la destruction de commerces.
Le chef d’entreprise a exigé une garantie contre la casse. « Garantissez que samedi il n’y aura pas de casse », a-t-il insisté, en promettant d’être alors « le premier » à manifester.
Jérôme Rodrigues a jugé « un peu trop rapide » le lien entre les gilets jaunes et les difficultés des entrepreneurs. Il a décrit des patrons dont la visibilité sur les bons de commande serait passée de neuf mois à deux.
Les deux hommes se connaissent. L’ancien gilet jaune a rappelé que le restaurateur avait été « le premier » à lui proposer un travail lorsqu’il était en difficulté.
« Il est où le ticket de caisse de l’État ? », demande Jérôme Rodrigues
Jérôme Rodrigues dit avoir tiré, avec d’autres anciens du mouvement, un bilan des gilets jaunes. Sa conclusion : il aurait fallu interroger l’usage de l’impôt plutôt que répéter que tout était trop cher.
Il affirme que sur 100 euros de gazole, 60 euros partent en taxes, alors que l’hôpital manque de médecins et l’école de professeurs.
« Il est où le ticket de caisse de l’État ? », a-t-il demandé, en comparant les justificatifs exigés des entrepreneurs et des salariés à ce qu’il décrit comme l’absence de compte rendu concret de la part de l’exécutif.
Éborgné à la Bastille, Jérôme Rodrigues vise le maintien de l’ordre
Bruno Millienne, ancien député MoDem et ancien conseiller de François Bayrou à Matignon, a salué ce « témoignage ». Il a toutefois redit ne pas supporter la violence, venue selon lui « des deux côtés » lors des manifestations de 2018 et 2019.
L’ancien gilet jaune a réclamé que soient identifiés les donneurs d’ordre de l’époque. Il reproche l’envoi en manifestation de policiers de la BAC et de compagnies de sécurisation, moins formés que les CRS au maintien de l’ordre, selon des CRS avec qui il dit avoir échangé.
« C’est un CSI qui m’a crevé l’œil », a-t-il affirmé, ajoutant que « dans ce pays on crève des yeux aujourd’hui quand on n’est pas content ».
Jérôme Rodrigues a perdu l’usage de son œil droit le 26 janvier 2019, place de la Bastille, à Paris. Selon Politis, la cour d’appel de Paris a confirmé le 2 février 2026 le renvoi devant une cour criminelle du policier soupçonné de l’avoir blessé, qui reste présumé innocent.
Mardi 13 octobre, il estimait déjà sur Sud Radio que les lycéens mobilisés « prennent même pire que ce qu’ont pris les gilets jaunes ».
Les propos cités ont été tenus dans le Forum BFMTV « Colères, angoisses : le chaudron français », publié sur la chaîne YouTube de BFMTV. L’état de la procédure judiciaire provient de Politis, la déclaration du 13 octobre de Sud Radio.
Source : la vidéo publiée sur YouTube
























