L’essentiel
- Le parquet national antiterroriste (PNAT) a repris mardi 13 octobre l’enquête sur les tirs du collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, jusque-là suivie par le parquet de Marseille
- Trois qualifications sont retenues, dont des tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste
- Le collégien de 14 ans et ses parents sont en garde à vue, l’adolescent restant présumé innocent
- Le PNAT évoque une « probable adhésion » à la mouvance True Crime Community, d’après l’exploitation de ses supports numériques
Le parquet national antiterroriste a annoncé mardi 13 octobre se saisir de l’enquête sur les tirs survenus la veille au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne (Bouches-du-Rhône). Le dossier quitte le parquet de Marseille, qui enquêtait jusque-là pour tentatives d’assassinat, sans mobile établi.
Trois qualifications retenues par le PNAT à Aubagne
Selon le communiqué du PNAT, l’enquête porte sur des tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, sur une association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes et sur des infractions à la législation sur les armes, également en relation avec une entreprise terroriste. Ces qualifications décrivent l’objet des investigations, pas une culpabilité établie.
Lundi 12 octobre, un élève de 14 ans aurait fait feu à plusieurs reprises avec un fusil de chasse de calibre 12, dissimulé dans un étui à guitare. Le principal et une enseignante ont été touchés aux membres inférieurs. Leur pronostic vital n’est pas engagé. Un membre du personnel a désarmé l’adolescent.
Le PNAT affirme que les premières investigations, notamment l’exploitation des supports numériques du mineur, font apparaître une « probable adhésion » à la mouvance True Crime Community (TCC). Il la décrit comme un ensemble de communautés numériques qui glorifient les auteurs de tueries de masse. L’adolescent a été placé en garde à vue, de même que ses parents. Il reste présumé innocent.
Du parquet de Marseille au PNAT, ce qui change en vingt-quatre heures
Lundi, la procureure adjointe de Marseille expliquait que le collégien était entré dans l’établissement avec un étui de guitare. Elle indiquait que le mobile n’était « pas encore établi » et que les enquêteurs ignoraient si les personnes touchées étaient visées. Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, s’était rendu à Aubagne, tout comme le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et le maire, Jean-Pierre Squillari. Le déroulé de cette première journée figure dans notre article de lundi.
Le changement tient à la saisine d’une juridiction spécialisée. Le PNAT, dont le siège est à Paris, traite les dossiers d’infractions à caractère terroriste. En droit pénal, une infraction relève d’une « entreprise terroriste » lorsqu’elle est commise dans le but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, selon l’article 421-1 du Code pénal. Lundi, aucun mobile n’était avancé. Mardi, le PNAT retient l’hypothèse d’un acte lié à une mouvance idéologique en ligne.
Après la fermeture du collège Lakanal, les suites attendues de l’enquête
Le collège Joseph-Lakanal est resté fermé aux élèves mardi 13 octobre. La date de reprise des cours n’a pas été communiquée à ce stade.
L’enquête se poursuit sous la direction du PNAT, avec les gardes à vue de l’adolescent et de ses parents. Le parquet n’a pas indiqué à ce stade si une information judiciaire serait ouverte, ni quelles suites seraient données à ces gardes à vue. Les éléments rendus publics ne précisent pas non plus comment le fusil de chasse se trouvait en possession du collégien, une question laissée ouverte lundi par le parquet de Marseille.
Le contenu des supports numériques et l’ampleur de l’adhésion supposée à la mouvance TCC constituent les points que les investigations devront établir. Tant qu’aucune décision de justice n’est rendue, les faits reprochés à l’adolescent restent à démontrer.
























