À retenir
- Mobilians évoque une hausse de 3 à 4 € par heure de conduite pour compenser le prix du gazole, soit 60 à 100 € sur un forfait
- Le décret du 20 février 2020 interdit de réviser les tarifs d’un contrat de formation déjà signé
- Le gazole valait autour de 2,34 € le litre vendredi 9 octobre, contre 2,399 € le 25 septembre
- Le permis à 1 € par jour reste ouvert aux 15-25 ans, avec un prêt de 600 à 1 200 €
Au sommaire
Les auto-écoles répercutent la hausse du gazole sur leurs tarifs. Boris Grabowski, vice-président du pôle Éducation et Sécurité routières de Mobilians, a évoqué sur Sud Radio une « possible augmentation de 3 à 4 euros par heure de conduite ».
Sur un forfait de 20 heures, le minimum légal, cela représente 60 à 80 €. Sur 25 heures, la note monte de 75 à 100 €.
Mobilians chiffre le surcoût à 215 € par mois et par enseignant
L’organisation professionnelle évalue la facture à 215 € de plus par mois et par enseignant. Une école qui emploie trois moniteurs supporte donc environ 650 € de charges mensuelles supplémentaires.
« Les auto-écoles n’ont pas le choix, elles ont la corde autour du cou. On doit augmenter le tarif et très rapidement », a déclaré Boris Grabowski, lui-même gérant à Châteauroux.
Le secteur n’a obtenu aucun soutien dans les aides carburant annoncées par le gouvernement le 22 septembre. Mobilians demandait 35 centimes par litre, sur le modèle de l’aide accordée aux pêcheurs, pour un coût estimé à 20 millions d’euros.
Dès le 16 avril, l’organisation réclamait l’accès au Prêt Flash Carburant de Bpifrance et au remboursement de l’accise sur les énergies. « Ce sont des milliers de jeunes qui risquent de renoncer à se former », écrivait-elle alors.
Les prix à la pompe ont pourtant commencé à refluer. Le gazole s’établissait autour de 2,34 € le litre en moyenne vendredi 9 octobre, d’après les déclarations des stations-service, contre 2,399 € le 25 septembre.
Le dossier reste ouvert au gouvernement, où Bregeon exige des baisses aussi rapides que les hausses.
Le décret du 20 février 2020 interdit de réviser un contrat en cours
La hausse ne peut pas toucher les élèves déjà inscrits.
Le contrat type d’enseignement de la conduite, obligatoire depuis le 1er juin 2020, le prévoit en toutes lettres : « Les tarifs, les prix et les termes du contrat ne sont pas révisables pendant toute la durée du contrat, sauf modification législative ou règlementaire. »
Boris Grabowski le confirme : « Au moment où l’élève s’inscrit, le tarif est bloqué par ce contrat. » Un candidat à qui l’on réclame un supplément carburant en cours de formation peut donc s’appuyer sur le document qu’il a signé.
Deux points sont à vérifier sur ce contrat : sa date de fin, exprimée en mois, et le prix des heures supplémentaires. Une prolongation passe par un avenant, qui peut être conclu aux tarifs du moment.
À Marseille, des forfaits relevés de 100 à 200 €
Les nouveaux inscrits, eux, paient le prix affiché le jour de la signature. À Marseille, des gérants annoncent des forfaits en hausse de 100 à 200 €, rapporte Europe 1.
Dans le quartier de l’Estaque, une école équipée de quatre véhicules dépense près de 1 000 € de pleins par semaine. Chaque voiture y parcourt environ 300 kilomètres hebdomadaires.
L’approvisionnement reste par ailleurs sous tension, alors que la raffinerie de Normandie a reconduit la grève vendredi.
Permis à 1 € par jour et CPF plafonné à 900 € : les aides qui restent
Le permis à 1 € par jour reste accessible aux candidats de 15 à 25 ans. Il s’agit d’un prêt à taux zéro de 600, 800, 1 000 ou 1 200 €, remboursé par mensualités de 30 € au plus.
Seules les écoles labellisées « École conduite qualité » peuvent le proposer.
Le compte personnel de formation a été recentré sur les demandeurs d’emploi par la loi de finances du 19 février 2026. La prise en charge du permis B y est plafonnée à 900 €.
Des régions, des départements et des communes versent aussi des aides locales, recensées sur la plateforme publique 1 jeune 1 permis.























