L’essentiel
- Un décret du 16 avril fixe une nouvelle règle : dès le 1er octobre, le taux de prise en charge change pour plusieurs spécialités jugées peu efficaces
- Les patients en affection de longue durée ne conserveront que 15 % de couverture sur ces traitements, contre la totalité aujourd’hui
- Les insulines, les antidiabétiques et les traitements jugés indispensables restent pris en charge à 100 %, sans aucun changement
- Environ 12 millions de personnes en ALD sont concernées, mais seulement pour cette catégorie précise de traitements
Le gouvernement a signé, le 16 avril, un décret publié le lendemain au Journal officiel : à partir du 1er octobre, plusieurs médicaments à service médical rendu jugé faible perdront leur remboursement intégral pour les patients en affection de longue durée.
Concrètement, ces patients passeront de 100 % à 15 % de prise en charge sur cette partie de leur ordonnance, même si le traitement reste lié à leur maladie chronique.
Ce qui change exactement
Jusqu’ici, un patient reconnu en ALD bénéficiait d’une prise en charge à 100 % pour l’ensemble des médicaments prescrits sur son ordonnance liée à sa maladie. Cela incluait des traitements dits à « service médical rendu faible » (SMR faible), classés ainsi par la Haute Autorité de santé parce que leur efficacité est jugée limitée.
Le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026, publié au Journal officiel le 17 avril, met fin à cette exception. À partir du 1er octobre 2026, ces mêmes médicaments basculent au taux normal applicable à tous les assurés : 15 %, quel que soit le statut ALD du patient.
Selon plusieurs sources concordantes, environ 171 spécialités sont concernées. Parmi les exemples les plus cités : Gaviscon, Spasfon, Météospasmyl, Dexeryl, Tanakan, Zovirax ou encore les crèmes à l’aciclovir. La franchise médicale, elle, augmente au même moment : le plafond annuel grimpe à 140 euros, une mesure distincte qui s’ajoute à celle-ci.
Qui est concerné par cette baisse de remboursement ?
Seuls les patients en ALD prenant un médicament à SMR faible sont concernés — soit une partie des 12 millions de personnes reconnues en affection de longue durée, mais uniquement pour cette catégorie précise de traitements.
Les médicaments jugés indispensables (insulines, antidiabétiques oraux, traitements anticancéreux, dispositifs médicaux essentiels) ne bougent pas. Le tableau ci-dessous résume les quatre situations possibles :
| Situation | Remboursement avant | Remboursement après |
|---|---|---|
| ALD + médicament SMR faible | 100 % | 15 % |
| ALD + médicament SMR important ou modéré | 100 % | 100 % (inchangé) |
| Hors ALD + médicament SMR faible | 15 % | 15 % (inchangé) |
| Traitement indispensable (insuline, etc.) | 100 % | 100 % (inchangé) |
Le ticket modérateur classique répond à la même logique de partage des frais : notre article sur ce qu’il reste à payer après la Sécu le détaille poste par poste.
Comment vérifier si vos traitements sont concernés, étape par étape
- Reprendre son ordonnance en cours et repérer les médicaments marqués d’une vignette orange (SMR faible) sur leur boîte ou leur notice
- Demander confirmation à son pharmacien, qui dispose du statut SMR de chaque spécialité dans son logiciel
- Consulter la liste complète des 171 spécialités concernées sur ameli.fr avant le 1er octobre
- Si un traitement essentiel est concerné, en parler à son médecin traitant pour envisager une alternative remboursée à taux plein
- Vérifier son contrat de mutuelle pour savoir si le reste à charge supplémentaire sera couvert
Les erreurs à éviter avant le 1er octobre
Ne pas confondre cette mesure avec la hausse de la franchise médicale, qui entre en vigueur à la même date mais obéit à un mécanisme différent.
Ne pas croire que le statut ALD protège automatiquement tous les médicaments prescrits : seuls les traitements liés à l’affection et jugés efficaces restent à 100 %.
Ne jamais arrêter un traitement de sa propre initiative pour éviter le reste à charge, sans en parler d’abord à son médecin.
Ne pas attendre le 1er octobre pour appeler sa mutuelle : les délais de prise en compte d’une garantie peuvent dépasser plusieurs semaines.
Votre mutuelle va-t-elle compenser cette hausse du reste à charge ?
Cela dépend entièrement du contrat souscrit. Certaines mutuelles remboursent une partie du reste à charge sur les médicaments à SMR faible, d’autres les excluent explicitement de leurs garanties « petits soins ».
Le plus sûr reste d’appeler son assureur santé en citant le décret et de demander une réponse écrite. Les contrats les plus anciens, souvent moins complets sur ce poste, méritent une relecture attentive — d’autant que les mutuelles des retraités grimpent déjà en 2027.
Pour suivre l’ensemble des évolutions sur vos remboursements de santé, notre guide santé et remboursements 2026 est mis à jour au fil des annonces officielles.
Ce changement s’appuie sur le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026, publié au Journal officiel du 17 avril 2026 et consultable sur Légifrance. La liste complète des spécialités concernées est disponible sur ameli.fr, qui doit être mise à jour avant l’entrée en vigueur du 1er octobre 2026.























