Sophie la Girafe made in Chine : l’aveu du patron

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Elle squatte les tables à langer depuis soixante ans, vendue comme fleuron du savoir-faire français. Mais Sophie la girafe, l’emblématique jouet en caoutchouc naturel de Vulli, serait en réalité fabriquée en Chine depuis au moins 2013. Le dirigeant de l’entreprise l’a reconnu lundi 4 mai à l’AFP, après une enquête de Médiapart.

C’est une révélation qui fait l’effet d’un couinement de trop. Alain Thirion, dirigeant de Vulli, a confirmé à l’AFP que les girafes « brutes » sont bien moulées en Chine, avant d’être assemblées et contrôlées en France. Une situation qu’il qualifie de « temporaire », liée à des difficultés sur la nouvelle usine de Saint-Nabord, dans les Vosges.

Une ligne de production… façade ?

Selon Médiapart, la réalité serait bien plus ancienne. Des ex-cadres de l’entreprise affirment que la production en France est devenue « marginale » dès 2019, maintenue essentiellement comme vitrine lors des visites de journalistes ou de clients. Des containers entiers arriveraient de Chine avant d’être simplement reconditionnés sur place.

L’enquête précise que la fabrication a été sous-traitée en Asie dès 2013. Si les faits sont confirmés, la mention « made in France » apposée sur des millions de jouets pourrait relever de la pratique commerciale trompeuse — une enquête de la DGCCRF a d’ailleurs été ouverte dès début 2024 à ce sujet.

Un jouet, un mythe, une affaire

Sophie la girafe, née en 1961, est l’un des jouets français les plus exportés au monde. Vendue autour de 25 euros, elle tire sa réputation de son caoutchouc naturel issu de l’hévéa, de ses peintures alimentaires, et de son label tricolore. Des arguments marketing soigneusement entretenu par Vulli depuis des décennies.

La révélation tombe au moment où le « made in France » est plus que jamais un argument de vente premium. Pour les règles les plus absurdes encore en vigueur, le droit français prévoit qu’un produit ne peut afficher « Fabriqué en France » que si une part substantielle de sa transformation y a lieu — un critère que Vulli devra désormais justifier.

Pas la première fois qu’un symbole vacille

L’histoire de Sophie la girafe rejoint une longue série de désillusions autour de produits estampillés français. On se souvient de cette tour Eiffel fabriquée en Vendée qui finissait ses jours au Nevada — symboles nationaux et réalité industrielle font rarement bon ménage.

Du côté des consommateurs, la pilule passe mal. Sur les réseaux sociaux, l’ironie est de mise : « On nous vend du rêve français avec du plastique chinois », résume un internaute. Certains parents, qui ont offert Sophie pour son image « naturelle » et « made in France », se sentent floués.

Vulli n’a pour l’heure pas répondu aux demandes de précisions sur la durée exacte de la sous-traitance chinoise, ni sur les volumes concernés. L’entreprise promet un retour à une production « 100 % française » dès que la nouvelle usine vosgienne sera pleinement opérationnelle — sans donner de date précise.

En attendant, Sophie continue de couiner. Mais peut-être moins fièrement. Une preuve que même les icônes peuvent réserver des surprises, comme cette pieuvre qui imite 15 animaux pour tromper ses prédateurs : les apparences sont rarement ce qu’elles semblent.

À retenir :

  • Sophie la girafe est fabriquée en Chine depuis au moins 2013, selon Médiapart.
  • Le patron de Vulli a reconnu la situation à l’AFP le 4 mai 2026.
  • Une enquête de la DGCCRF pour pratiques trompeuses est ouverte depuis début 2024.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.