Addiction aux UV : Megan Blain, 19 ans, n’a pas mis les pieds à son bal de fin de lycée. Elle a aussi refusé des contrats de mannequin, simplement parce qu’elle ne se trouvait pas assez bronzée. La jeune Britannique, originaire de Seaham, dans le comté de Durham, raconte une dépendance aux cabines à UV installée dès ses 16 ans, qui résiste même à l’apparition de grains de beauté changeants.
Tout est parti d’un manque de confiance. Cette addiction aux UV s’est installée progressivement, devenant un véritable rituel quotidien. Victime de harcèlement scolaire pendant des années, l’adolescente avait remarqué que sa peau plus foncée la mettait davantage en valeur, surtout face à des vêtements colorés. Le contraste lui plaisait, les compliments suivaient. La cabine est très vite devenue un rendez-vous quotidien.
À 16 ans, alors que l’âge légal au Royaume-Uni pour utiliser un sunbed est fixé à 18 ans, Megan multiplie les séances, parfois jusqu’à trente minutes d’affilée. L’addiction aux UV a totalement pris le contrôle de son quotidien. Elle ajoute à ce rituel des injections autobronzantes ainsi que des crèmes destinées à intensifier l’effet.
Addiction aux UV : quand le besoin de bronzer prend le dessus
Très vite, l’apparence devient une obsession. La jeune femme refuse des opportunités professionnelles, dont des castings de mode, parce qu’elle estime que sa peau n’est jamais assez foncée. Elle finit par manquer son propre bal de fin d’études. Le bronzage cesse d’être un plaisir esthétique : il s’impose comme une condition pour sortir.
« Ce n’était même plus une question de paraître bien, j’avais l’impression d’avoir besoin de ça pour fonctionner », a confié la jeune femme au tabloïd The Sun. À l’époque, elle dépense près de 100 livres sterling par mois en séances et produits, soit environ 117 euros. Cette dérive, qui mêle apparence, estime de soi et santé mentale, illustre comment une habitude esthétique peut basculer en pathologie.
Des grains de beauté qui changent, mais une peur qui paralyse
Quatre ans plus tard, les conséquences sur sa peau commencent à s’imposer. Megan rapporte avoir vu apparaître plusieurs grains de beauté dont la forme évolue, certains disparaissant puis réapparaissant. Des signaux que les dermatologues recommandent de faire surveiller rapidement, car ils peuvent annoncer un mélanome.
Pourtant, la consultation médicale, elle ne l’a jamais faite. « La dernière fois que j’ai essayé, je me suis figée devant la porte du cabinet. Comme si quelque chose en moi refusait l’aide », a-t-elle reconnu. Aujourd’hui, elle parvient à réduire ses dépenses à 30 livres par mois, mais admet ne pas être sortie de la dépendance. Elle gagne désormais sa vie comme modèle sous contrat, alimente une chaîne TikTok suivie en direct sur @blainnyy… et travaille à temps partiel dans un salon de bronzage.
Ce mélange entre activité professionnelle et compulsion personnelle peut aggraver les signes d’épuisement émotionnel, selon les spécialistes des conduites addictives.
Cabines à UV : ce que dit l’OMS
Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 10 % de la population d’Europe du Nord utilise régulièrement des appareils de bronzage artificiel. Et ces équipements ne sont pas anodins : l’OMS les classe parmi les cancérogènes certains depuis 2009, au même titre que le tabac.
Le Centre international de recherche sur le cancer a établi un lien direct entre l’usage des cabines à UV et le développement du mélanome, la forme la plus agressive du cancer de la peau. Une étude évoquée par Cancer Research UK indique que le risque de cancer cutané double chez les femmes ayant commencé jeunes à fréquenter ces appareils. Aucun bénéfice sanitaire n’a jamais été démontré pour le bronzage en cabine.
Vers un durcissement de la réglementation au Royaume-Uni
Outre-Manche, le gouvernement réfléchit à serrer la vis. Le plan national de lutte contre le cancer prévoit d’imposer un contrôle d’identité systématique pour toute séance et d’interdire les cabines en libre-service. Ces mesures pourraient entrer en application dès l’année prochaine.
En France, l’Anses recommande depuis 2018 l’interdiction pure et simple de ces dispositifs. La loi française interdit déjà l’accès aux mineurs et impose une information sur les risques, mais l’usage reste légal pour les adultes.
À retenir
- Megan Blain, 19 ans, est accro aux cabines à UV depuis ses 16 ans
- Elle a refusé des castings et son bal de fin de lycée faute de se sentir « assez bronzée »
- L’OMS classe les UV artificiels parmi les cancérogènes certains depuis 2009
