L’IA au cœur de la décision
Dans un message adressé aux employés, le PDG Evan Spiegel a été sans ambiguïté : « Les rapides avancées de l’intelligence artificielle permettent à nos équipes de réduire les tâches répétitives, d’accélérer le rythme de travail et de mieux soutenir notre communauté. » Résultat : 1 000 collaborateurs perdent leur emploi, et plus de 300 postes ouverts sont définitivement fermés.
Le chiffre qui illustre le mieux cette transition est saisissant : 65 % du nouveau code produit chez Snap est désormais généré par des outils d’IA. Une proportion qui a convaincu la direction que les effectifs humains pouvaient être réduits sans impacter la productivité — bien au contraire.
Un plan d’économies de 500 millions de dollars
Sur le plan financier, cette vague de licenciements doit permettre à Snap d’économiser plus de 500 millions de dollars en dépenses annualisées d’ici le second semestre 2026, avec l’objectif d’atteindre la rentabilité nette. Les salariés américains touchés bénéficieront de quatre mois d’indemnités de départ, d’une couverture santé maintenue, d’une accélération de l’acquisition des actions et d’un accompagnement à la transition professionnelle.
Cette décision intervient également sous pression des actionnaires. Le fonds activiste Irenic Capital Management avait exhorté Snap à optimiser son portefeuille et à améliorer ses performances financières. La direction a visiblement choisi de frapper fort.
Un tournant pour l’ensemble de l’industrie tech
Le cas Snap n’est pas isolé. De nombreuses entreprises technologiques invoquent désormais l’IA générative pour justifier des réductions d’effectifs, au lieu des seules difficultés économiques comme par le passé. Spiegel a lui-même qualifié ce moment de « crucible moment » — un moment charnière — pour son groupe.
La question qui se pose désormais à tout le secteur est la même : jusqu’où l’automatisation ira-t-elle dans la réduction des emplois qualifiés, et à quelle vitesse ?












