À retenir
- Paul Barril, cofondateur du GIGN, est mort à 80 ans, selon franceinfo, mercredi 21 octobre 2026
- Né en 1946 à Vinay (Isère), il fut le numéro deux de l’unité d’élite de la gendarmerie, puis un acteur de la cellule antiterroriste de l’Élysée
- Reconverti dans la sécurité privée, il a été au cœur de plusieurs affaires de l’ère Mitterrand, dont celle des Irlandais de Vincennes
- Une plainte visant son rôle au Rwanda en 1994 n’a débouché sur aucune poursuite contre lui
Au sommaire
Paul Barril, ancien numéro deux du GIGN devenu l’une des figures les plus controversées de la sécurité sous François Mitterrand, est mort à l’âge de 80 ans, selon franceinfo. Sa disparition a été rendue publique mercredi 21 octobre 2026.
Gendarme de formation, il a connu la gloire des opérations d’éclat avant d’être rattrapé, des années durant, par des affaires politico-judiciaires.
Fils de gendarmes, il devient le numéro deux du GIGN
Paul Barril est né en 1946 à Vinay, en Isère, dans une famille de gendarmes : son père et son grand-père portaient déjà l’uniforme.
Il rejoint le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), créé en 1974. Il y devient l’adjoint du commandant Christian Prouteau, puis dirige l’unité par intérim au début des années 1980.
Il affirme avoir participé à la mission du GIGN à La Mecque, après la prise de la Grande Mosquée en novembre 1979. Un ancien subordonné conteste cette version.
La cellule de l’Élysée et les Irlandais de Vincennes
Après l’attentat de la rue Marbeuf, à Paris, le 22 avril 1982, Christian Prouteau et Paul Barril contribuent à mettre sur pied la cellule antiterroriste de l’Élysée, placée auprès de François Mitterrand. Elle fonctionne durant le premier septennat, de 1981 à 1988.
L’affaire des Irlandais de Vincennes éclate peu après sa création. Trois Irlandais sont arrêtés en août 1982 dans un appartement de Vincennes, où des armes sont présentées comme découvertes. La justice a ensuite jugé la perquisition irrégulière.
Paul Barril n’a pas été poursuivi dans les procès liés à cette perquisition. En revanche, il a perdu le procès en diffamation qu’il avait intenté au Monde à propos d’un article d’Edwy Plenel : les juges parisiens ont estimé que l’opération avait été montée par lui, une décision confirmée en appel puis en cassation.
Epsylon, SECRETS et les missions à l’étranger
Fin 1984, il fonde à Paris la société Epsylon. Il dirige ensuite SECRETS, une société spécialisée dans des interventions de sécurité à l’étranger, notamment au Congo-Brazzaville.
En 1988, il organise un groupe d’action autour du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Son nom reste associé à ces missions privées menées en Afrique.
Il raconte son parcours dans plusieurs livres : Missions très spéciales (1984), Guerres secrètes à l’Élysée (1996), Paroles d’honneur (2014) et C’était pour la France (2023).
Le deuxième lui a valu une condamnation pour diffamation envers Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, à propos de la mort de François de Grossouvre.
Kigali en 1994 : une plainte, aucune poursuite contre lui
Paul Barril se trouve à Kigali en avril 1994, au début du génocide des Tutsis. Il se présente comme un conseiller du président Juvénal Habyarimana et affirme avoir été engagé par sa veuve, Agathe Habyarimana, pour enquêter sur l’attentat contre l’avion présidentiel.
Son rôle a été contesté. La FIDH, la LDH et Survie ont déposé une plainte pour complicité de génocide, et une information judiciaire a été ouverte à Paris. Elle n’a conduit à aucune poursuite contre lui.






























