Palantir a dévoilé des résultats trimestriels historiques dans la nuit de mardi à mercredi, avec un chiffre d’affaires en hausse de 93 % sur un an. Son cofondateur et patron Alex Karp a profité de la lettre aux actionnaires pour accuser les grands laboratoires d’intelligence artificielle générative de dérives qu’il qualifie de « marxistes ».
L’essentiel
- Palantir affiche 1,94 milliard de dollars de chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026, en hausse de 93 % sur un an
- Le titre a bondi de 14 % après la publication, porté par 220 contrats de plus d’un million de dollars
- Alex Karp accuse les laboratoires d’IA générative de vouloir « capter les moyens de production » de leurs clients
- Le patron oppose le modèle de Palantir à celui d’OpenAI et d’Anthropic, jugés plus intrusifs sur les données
Un trimestre record porté par les contrats publics et privés
Les chiffres publiés mardi soir dépassent largement les attentes de Wall Street.
Palantir a généré 1,94 milliard de dollars de revenus sur le trimestre, en progression de 93 % sur un an.
Le bénéfice net atteint environ 1,1 milliard de dollars, soit déjà plus que l’ensemble du chiffre d’affaires enregistré un an plus tôt à la même période.
L’action a réagi immédiatement : elle a grimpé de 14 % dans les échanges après clôture, alors qu’elle restait encore en baisse d’environ 30 % depuis le début de l’année avant cette annonce.
Le groupe revendique 220 contrats supérieurs à un million de dollars sur la période, dont 73 dépassant les dix millions.
Ses revenus commerciaux aux États-Unis ont bondi de 149 %, quand ceux issus des contrats gouvernementaux progressent de 90 %.
Palantir a aussitôt relevé sa prévision annuelle, tablant désormais sur un chiffre d’affaires 2026 compris entre 8,15 et 8,16 milliards de dollars.
« Des relents marxistes » : la charge d’Alex Karp contre les labos d’IA
C’est dans ce contexte de résultats triomphants qu’Alex Karp a choisi de tacler frontalement les grands noms de l’IA générative.
Dans sa lettre aux actionnaires, le patron de Palantir écrit : « Il y a des relents marxistes dans notre secteur. D’autres… cherchent… à capter les moyens de production de leurs partenaires. »
Son raisonnement : les laboratoires « frontier » comme OpenAI ou Anthropic bâtiraient leur avantage concurrentiel en aspirant les données, la propriété intellectuelle et le savoir-faire de leurs clients pour entraîner des modèles propriétaires.
Résultat, selon lui : ces entreprises partenaires finiraient rendues obsolètes par les outils mêmes qu’elles ont contribué à nourrir.
Karp présente Palantir comme un contre-modèle, « agnostique » vis-à-vis des modèles d’IA utilisés, laissant aux organisations clientes le contrôle de leurs données et de ce qu’il appelle leurs « exhaust » — les traces laissées par leurs requêtes et leur contexte d’usage.
Un débat qui dépasse la seule rivalité avec OpenAI et Anthropic
La sortie de Karp n’est pas isolée : le patron de Microsoft, Satya Nadella, a lui aussi pointé ces dernières semaines la concurrence croissante entre fournisseurs de cloud et laboratoires d’IA qu’ils hébergent.
Ce climat de méfiance intervient alors que le secteur reste marqué par une inquiétude plus large sur qui, des grands groupes ou d’une poignée d’acteurs technologiques, capte vraiment la valeur créée par l’intelligence artificielle — un sujet déjà documenté dans notre enquête sur les licenciements massifs dans la tech pendant que l’IA enrichit une poignée d’initiés.
Le contraste est frappant avec la volatilité qui touche par ailleurs les paris financiers sur l’IA, illustrée récemment par l’effondrement de 67 % en juillet du fonds spéculatif de Leopold Aschenbrenner.
Pour les entreprises qui hésitent encore entre plusieurs assistants avant de confier leurs données, la question posée par Karp — qui contrôle réellement l’information une fois confiée à une IA — rejoint les critères mis en avant dans notre comparatif IA entre ChatGPT, Gemini et Claude.
Karp, lui, résume sa lecture du trimestre en une formule : « Pour la première fois, les gens nous croient. »


