CYBERCybersécurité· 3 min

Lunettes Meta : la reconnaissance faciale dort déjà dans l’app

Par Stéphane Larue · 6 juin 2026

Le magazine américain Wired a mis au jour un système de reconnaissance faciale inactif, baptisé NameTag, enfoui dans le code de l’application Meta AI. Conçu pour les lunettes connectées du groupe, il est distribué sur des millions de téléphones depuis janvier 2026. Meta parle d’une simple exploration interne.

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L’essentiel

  • Wired a découvert NameTag, un système de reconnaissance faciale caché dans le code de l’application Meta AI
  • Trois modèles d’IA sont installés en silence sur des millions de téléphones depuis janvier 2026
  • Le dispositif convertit chaque visage filmé en « faceprint », une empreinte biométrique stockée localement
  • Meta évoque une « exploration de routine » et dément préparer une base centralisée de visages

C’est le genre de découverte qui relance le débat sur les lunettes connectées. Selon Wired, l’application Meta AI transporte depuis plusieurs mois un dispositif complet de reconnaissance faciale, jamais annoncé publiquement.

Dans le code, la fonction porte un nom : « NameTag ». Pensée pour les lunettes de Meta, elle doit capturer le visage des personnes croisées, puis alerter le porteur quand un visage déjà enregistré repasse devant l’objectif.

Les chercheurs en sécurité qui ont audité le code pour le magazine sont formels : rien ne tourne aujourd’hui, aucune donnée biométrique ne part vers les serveurs. Le système semble pourtant « proche de fonctionner », d’après Engadget, qui relaie l’enquête. Un détail amplifie la portée de la découverte : l’app Meta AI s’est hissée ce printemps parmi les plus téléchargées.

NameTag : comment fonctionne la reconnaissance faciale cachée

L’enquête décrit une chaîne de trois modèles d’apprentissage automatique, déployés discrètement sur les téléphones depuis janvier 2026. Le premier repère un visage dans le flux de la caméra, le deuxième l’isole et l’enregistre.

Le troisième transforme ce visage en « faceprint », une empreinte biométrique unique. La signature est ensuite comparée aux empreintes déjà stockées sur l’appareil, sans transiter par le cloud.

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Interrogé par le magazine, le porte-parole de Meta Ryan Daniels évoque une « exploration de routine ». Rien n’a été livré aux consommateurs, aucune décision finale n’a été prise, et l’entreprise assure ne pas construire de base de données centralisée de visages.

Données biométriques : ce que dit la loi en Europe

Sur le Vieux Continent, le visage relève des données biométriques « sensibles », protégées par l’article 9 du RGPD. Leur traitement exige en principe un consentement explicite — y compris celui des passants filmés à leur insu.

Le calendrier ajoute une couche de tension. L’AI Act européen devient pleinement applicable le 2 août 2026 et encadre strictement l’identification biométrique à distance dans l’espace public.

Meta avance d’ailleurs prudemment en Europe. Ses Ray-Ban Display à écran intégré restent cantonnées aux États-Unis, quand les Ray-Ban Meta Gen 2, vendues 329 euros en France, se limitent à la photo, à la vidéo et à l’assistant vocal.

Le groupe connaît le terrain miné de la biométrie. Fin 2021, Facebook avait fermé son outil de reconnaissance faciale et effacé plus d’un milliard d’empreintes, sous la pression des régulateurs.

Déjà bousculé en Europe depuis le lancement de ses offres payantes, Meta n’a pas les coudées franches. Chaque pas supplémentaire vers la biométrie y sera scruté de près.

Reste une certitude : la fonction pourrait devenir l’argument choc des futures lunettes IA — ou leur talon d’Achille — en pleine guerre des assistants, détaillée dans notre comparatif IA.

À retenir

  • Un code de reconnaissance faciale inactif se cache dans l’app Meta AI
  • Trois modèles d’IA créent des empreintes faciales stockées sur le téléphone
  • Meta dément tout lancement et parle d’exploration de routine
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