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À retenir
- Le gouvernement étudierait d’avancer de quelques semaines la revalorisation de janvier 2027, soit environ 15 euros net de plus par mois
- La CFDT réclame 100 euros net, la CGT une hausse de 10 % avec indexation des salaires sur les prix
- Les organisations patronales refusent de discuter avec le ministre du Travail avant d’avoir rencontré Sébastien Lecornu
- CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU appellent à une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre
Au sommaire
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, voulait ouvrir avec le patronat une discussion sur le pouvoir d’achat. Les organisations patronales ont décliné son invitation et demandent d’abord à être reçues par le Premier ministre, révèle RMC.
Le bras de fer porte d’abord sur le Smic. Entre la piste du gouvernement et les demandes syndicales, l’écart dépasse 130 euros par mois pour un salarié payé au minimum.
Les organisations patronales attendent Sébastien Lecornu avant de négocier
Selon RMC, le patronat estime qu’aucune négociation ne peut commencer sans un échange préalable avec Matignon. Le ministre du Travail se retrouve ainsi sans interlocuteur côté employeurs.
Côté syndical, le dialogue continue. La CGT devait être reçue vendredi soir par Jean-Pierre Farandou pour lui présenter ses revendications, dont un encadrement des prix des carburants et des produits alimentaires.
Combien rapporterait chaque proposition à un salarié au Smic ?
La piste du gouvernement rapporterait environ 15 euros net par mois, soit quelque 180 euros sur un an. Elle consisterait à avancer de quelques semaines la revalorisation automatique prévue au 1er janvier 2027, ce qui correspond à une hausse d’environ 1 %.
Depuis le 1er juin 2026, le Smic s’élève à 1 867,02 euros brut par mois pour 35 heures, soit 12,31 euros de l’heure, selon le ministère du Travail. Cela représente environ 1 478 euros net.
Voici ce que chaque proposition ajouterait au salaire net d’un salarié à temps plein :
| Qui | Demande | Par mois (net) | Sur un an |
|---|---|---|---|
| Gouvernement (piste) | Revalorisation avancée | Environ 15 € | Environ 180 € |
| CFDT | Hausse forfaitaire | 100 € | 1 200 € |
| CGT | +10 % et indexation | Environ 148 € | Environ 1 770 € |
| Unsa | Hausse dès le 1er novembre | Non chiffré | Non chiffré |
Le montant de la CGT est notre estimation, calculée sur le Smic net actuel.
Sur franceinfo, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a défendu une hausse de 10 %.
« Augmenter les salaires, c’est reconnaître notre travail », a-t-elle déclaré.
La CFDT de Marylise Léon demande 100 euros net par mois ainsi qu’une révision des grilles de salaires dans les branches professionnelles. L’Unsa refuse d’attendre janvier et veut une revalorisation au 1er novembre.
Patrick Martin chiffre à 11,5 milliards le surcoût pour les entreprises
Le président du Medef, Patrick Martin, s’est opposé à une hausse anticipée jeudi, également sur franceinfo.
« Au motif d’acheter la paix sociale dans la rue, on va créer la pagaille dans les entreprises », a-t-il affirmé.
Patrick Martin ne vise pas seulement le Smic. Selon le Medef, le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 alourdirait déjà le coût du travail de 11,5 milliards d’euros, notamment en réduisant les allègements de cotisations. Avec une revalorisation substantielle en plus, il évoque un risque pour 200 000 emplois.
Le patron des patrons cite en particulier le nettoyage et la restauration, des secteurs où les marges restent faibles.
Une intersyndicale dans la rue le jeudi 5 novembre
CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU appellent salariés du privé et du public, retraités et jeunes à une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre, selon ICI. Elles réclament des hausses du Smic, des salaires des fonctionnaires, des pensions et des prestations sociales, ainsi qu’une taxation accrue des hauts patrimoines et des successions.
Ce sera la première mobilisation commune au public et au privé depuis la rentrée. Dans la foulée, la CGT, reçue à Matignon, appelle à étendre la grève à partir de cette date.
Aucune date n’est fixée à ce stade pour une rencontre entre Sébastien Lecornu et les organisations patronales.
Pour aller plus loin : notre guide retraite, emploi et formation.










