À retenir
- Le tribunal correctionnel d’Orléans condamne Olivier Bouygues à deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende le 23 octobre 2026
- Son permis de chasse lui est retiré pour trois ans avec exécution provisoire, donc malgré l’appel annoncé par sa défense
- Les six condamnés devront verser 360 000 euros à neuf associations au titre du préjudice écologique
- Les faits jugés portent sur la période 2019-2025, au domaine de Fontenaille, à La Ferté-Saint-Aubin, en Sologne
Olivier Bouygues a été condamné vendredi 23 octobre 2026 par le tribunal correctionnel d’Orléans à deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende pour des pratiques de chasse illégales sur son domaine solognot, selon ICI Orléans. Le milliardaire était poursuivi avec cinq autres hommes.
Le montant de l’amende correspond au maximum prévu par le Code pénal pour ces infractions. Le parquet avait requis cinq ans de prison avec sursis.
Son avocat a annoncé son intention de faire appel. Le jugement n’est donc pas définitif et Olivier Bouygues reste présumé innocent.
Le retrait du permis de chasse s’applique malgré l’appel
En matière pénale, un appel suspend en principe l’exécution des peines. Le tribunal a toutefois assorti le retrait du permis de chasse, prononcé pour trois ans, de l’exécution provisoire.
Olivier Bouygues ne peut donc plus chasser dès maintenant, sans attendre la décision de la cour d’appel d’Orléans. La prison avec sursis et l’amende restent en revanche suspendues jusqu’à cet arrêt.
Les cinq coprévenus, que l’accusation présentait comme le régisseur et des gardes-chasse du domaine, ont été condamnés à des peines de six mois à deux ans de prison avec sursis. Leurs amendes vont de 3 000 à 10 000 euros.
360 000 euros accordés pour le préjudice écologique, la LPO en demandait 760 000
Les six condamnés devront verser 2 500 euros à chacune des seize associations parties civiles pour préjudice moral. Ils doivent aussi 360 000 euros à neuf d’entre elles pour le préjudice écologique.
Lors du procès, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avait évalué ce préjudice à 760 000 euros. Le tribunal en a retenu un peu moins de la moitié.
Dans un communiqué publié après le jugement, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), partie civile, estime que le tribunal a reconnu « la gravité des atteintes » portées à la faune. Les associations annoncent un programme commun de restauration des habitats locaux.
Fontenaille : buses, aigrettes et faucons retrouvés dans un charnier
Le dossier porte sur des faits commis entre 2019 et 2025 au domaine de Fontenaille, à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Les enquêteurs y ont découvert un charnier d’oiseaux protégés : faucons crécerelles, buses, aigrettes, hérons et grands cormorans.
Le tribunal a aussi jugé un élevage illégal d’environ 500 sangliers et 120 cervidés, ainsi que l’usage de pièges à mâchoires interdits. Selon l’accusation, au moins 219 animaux protégés étaient tués chaque année sur le domaine, où environ 22 000 oiseaux de chasse étaient élevés.
À l’audience des 7 et 8 septembre, la défense avait plaidé la relaxe, a rapporté François Guéroult pour ICI Orléans. Elle soutenait qu’Olivier Bouygues n’avait détruit lui-même aucune espèce protégée et ignorait les agissements de ses employés. Elle contestait aussi la circonstance de bande organisée.
Le dossier sera rejugé par la cour d’appel d’Orléans, à une date qui n’a pas encore été fixée.
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