À retenir
- Le Forum BFMTV du jeudi 15 octobre a consacré sa soirée à la mobilisation du samedi 17 octobre contre la vie chère
- Sabrina, entrepreneuse marseillaise, défilera samedi pour la première fois de sa vie, avec ses trois enfants
- Farid, professeur à Roubaix, ne manifestera pas et mise sur l’élection présidentielle de 2027
- L’ancien député MoDem Bruno Millienne réclame un contrôle citoyen des élus, faute de quoi il votera blanc au second tour
Au sommaire
BFMTV a consacré la soirée du jeudi 15 octobre à un numéro exceptionnel de son Forum, « Colères, angoisses : le chaudron français », présenté par Maxime Switek et diffusé en direct à l’antenne et sur TikTok. À deux jours de la mobilisation du samedi 17 octobre, une vingtaine de citoyens, des élus et des spécialistes y ont débattu du pouvoir d’achat, du prix du carburant et du mouvement lycéen.
Un mot est revenu à plusieurs reprises : résignation.
L’animateur a lui-même relevé que ce terme n’avait guère été entendu jusque-là dans son émission, pourtant habituée aux colères exprimées sans filtre.
Sabrina, de Marseille, défilera pour la première fois avec ses trois enfants
Sabrina, entrepreneuse marseillaise et mère de trois enfants, dit que « tout » la met en colère : l’essence, les courses, l’inflation et le manque de réponses du gouvernement. Elle se dit pourtant « un peu résignée ».
Elle n’a jamais manifesté de sa vie. Samedi, elle ira, « très fière de pouvoir aller manifester avec mes trois enfants », âgés de 22, 19 et 13 ans, qu’elle avait retenus pendant les manifestations lycéennes.
Pour elle, l’élection présidentielle ne changera rien, quel que soit le vainqueur.
Farid, professeur à Roubaix et responsable de plusieurs épiceries solidaires, ne sera pas dans le cortège. Le samedi est jour d’accueil dans ses épiceries, et il craint que les défilés soient récupérés politiquement.
« Je considère que la meilleure des manifestations, c’est 2027. C’est le vote », a-t-il lancé, tout en qualifiant le droit de manifester d’« inaliénable ».
Jérôme Rodrigues : « La résignation ne doit pas pousser au silence »
Jérôme Rodrigues, figure des gilets jaunes, a répondu directement à ce sentiment. Il appelle ceux qui hésitent à se rendre visibles plutôt qu’à se morfondre devant leur téléphone ou leur télévision.
Il a rappelé que les congés payés sont issus, selon lui, des manifestations de 1936, et a redit son soutien aux lycéens comme à la date du 17 octobre.
Ses propos sur le pouvoir d’achat font l’objet de notre article consacré à l’appel de Jérôme Rodrigues pour samedi.
Bruno Millienne, ancien conseiller de François Bayrou, votera blanc au second tour
Bruno Millienne, ancien député MoDem des Yvelines et ancien conseiller de François Bayrou à Matignon, se présente désormais comme simple citoyen et dirigeant d’une petite entreprise. Il assure qu’il ne retournera pas en politique.
Il dit ne pas avoir soutenu les gilets jaunes à l’époque, parce que « la violence m’a insupporté des deux côtés ». Le droit de manifester ne justifie, selon lui, ni vitrines brisées ni abribus détruits.
Il reproche aussi aux parlementaires, dont il a fait partie, de ne pas contrôler l’action du gouvernement. Sa proposition : une agora citoyenne d’experts non rémunérés, chargée de vérifier que le pouvoir élu tient ses promesses.
Sans cela, prévient-il : « J’irai au premier tour et je voterai blanc au deuxième. »
L’appel du 17 octobre est parti d’une vidéo TikTok le 9 septembre
La mobilisation de samedi est née d’une vidéo publiée le 9 septembre sur TikTok contre la hausse des prix à la pompe, selon Infodujour. Elle a depuis été relayée par des figures des gilets jaunes et soutenue par la CGT, la Confédération paysanne, FO Transports et l’Union syndicale lycéenne.
Les revendications dépassent le carburant : salaires, pensions, services publics. D’autres voix inattendues se sont jointes au mouvement, comme Dominique Rizet, qui envisage lui aussi de défiler.
Sur le plateau, la crainte des violences a pesé. Karine, salariée d’une crèche, a annoncé qu’elle n’irait pas, par peur d’être blessée, tout en soutenant la mobilisation.
À Maxime Switek, qui demandait pourquoi cette colère ne se réservait pas pour la présidentielle prévue dans sept mois, plusieurs participants ont répondu qu’elle ne pouvait plus attendre. Le contexte économique est détaillé dans notre article sur l’inflation de septembre et le prix du gazole.
Sources : Forum BFMTV « Colères, angoisses : le chaudron français », chaîne YouTube BFMTV ; Infodujour.
























