À retenir
- La licence américaine concerne la vente, l’acheminement et l’importation de gazole russe, y compris sur le territoire des États-Unis
- Donald Trump annonce plus de 300 000 tonnes disponibles immédiatement, puis plusieurs tranches dont la dernière dépend des raffineries
- Les discussions de Miami réunissent les émissaires américains, une délégation ukrainienne et des représentants européens sur les conditions de paix
Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre un accord avec Vladimir Poutine pour remettre du diesel russe sur les marchés américain et international. Washington a ouvert une dérogation aux sanctions, au moment où ses représentants recevaient les négociateurs de Kiev en Floride.
Volodymyr Zelensky conteste cette décision, qu’il juge favorable au financement de l’offensive russe contre l’Ukraine.
Le Trésor ouvre une autorisation jusqu’au 7 avril 2027
Le document publié par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme du Trésor chargé des sanctions, précise la durée de l’assouplissement. La licence générale n°135 permet les opérations liées à la vente, à l’acheminement, au déchargement et à l’importation de diesel d’origine russe jusqu’au 7 avril 2027.
La mesure couvre expressément les importations aux États-Unis ; elle ne supprime pas l’ensemble des sanctions contre Moscou.
Dans l’annonce américaine, plus de 300 000 tonnes sont promises immédiatement. Le calendrier mentionne ensuite 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes supplémentaires.
Une autre quantité de trois millions de tonnes est évoquée, en fonction de l’état des installations de raffinage russes.
Zelensky dénonce un soutien financier à la guerre
Le dirigeant ukrainien craint que l’accès à ces débouchés augmente les ressources dont dispose le Kremlin pour poursuivre ses opérations militaires. Les restrictions occidentales sur les hydrocarbures russes cherchent précisément à réduire ces recettes.
« C’est absolument horrible », a déclaré Volodymyr Zelensky, président ukrainien, dans son entretien accordé vendredi à Axios.
Donald Trump défend l’accord par la baisse des prix qu’il attend pour les consommateurs. Il cite notamment les besoins des agriculteurs, des éleveurs et des transporteurs, à quelques semaines des élections américaines de mi-mandat.
À Miami, les pourparlers abordent l’hiver et la sécurité
Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré vendredi l’équipe ukrainienne, avec la participation de conseillers européens.
Zelensky a dénoncé le rôle réservé à sa délégation pendant que Washington discutait parallèlement avec Moscou. Il estime que les pourparlers auxquels participe Kiev ont servi à masquer cet accord énergétique.
Witkoff a présenté les échanges comme « constructifs » dans un message publié sur X.
Les dossiers abordés comprennent les garanties de sécurité, la protection du système énergétique à l’approche de l’hiver et les exportations céréalières. L’émissaire n’a pas précisé si la réunion se prolongerait samedi, comme prévu initialement.





















