Le MacBook Air peine désormais à sortir des chaînes d’assemblage d’Apple dans les délais habituels. Selon Bloomberg, certaines configurations ne seront livrées qu’en septembre, la marque à la pomme rejoignant la longue liste des fabricants pénalisés par la pénurie mondiale de puces mémoire. En cause : une demande explosive tirée par les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
L’essentiel
- Le MacBook Air rejoint le Mac mini et le Mac Studio parmi les Mac touchés par des délais de livraison
- Certaines configurations ne seront livrées qu’en septembre 2026, selon Bloomberg
- Le prix de la mémoire DRAM a bondi d’environ 98 % depuis janvier 2026
- Apple a déjà relevé ses tarifs en juin, le MacBook Air M5 13 pouces démarrant désormais à 1 399 €
Le MacBook Air, nouveau symptôme d’une pénurie qui s’étend
Jusqu’ici, ce sont surtout le Mac mini et le Mac Studio qui souffraient de stocks tendus chez Apple. Le MacBook Air, best-seller de la gamme, bascule désormais dans la même situation.
Sur le site officiel d’Apple, plusieurs configurations affichent des délais qui s’étirent jusqu’à fin août, voire septembre. Certaines pages produit portent même un avertissement inhabituel : « disponibilité soumise à conditions ».
La marque a par ailleurs repoussé ses promotions de rentrée scolaire, habituellement lancées dès juin, et pousse désormais ses vendeurs à orienter les clients vers les modèles de base du MacBook Pro, mieux approvisionnés.
Un porte-parole cité par Bloomberg reconnaît que les stocks n’ont jamais été aussi contraints pour ce modèle, pourtant l’un des plus vendus de l’histoire d’Apple.
Une ruée sur la mémoire directement liée à l’explosion de l’IA
La cause ne se trouve pas chez Apple, mais chez ses fournisseurs. Samsung, SK Hynix et Micron détournent une part croissante de leur production vers la mémoire haute performance destinée aux serveurs d’intelligence artificielle, au détriment des puces grand public.
Résultat : les prix du DRAM, la mémoire vive utilisée dans les ordinateurs et smartphones, ont grimpé d’environ 98 % depuis janvier 2026. Les analystes anticipent encore une hausse de 58 à 63 % dans les prochains mois.
Le phénomène a désormais un surnom dans l’industrie : le « RAMageddon ». Un mouvement qui touche l’ensemble du secteur, comme le montrent les résultats financiers record de SK Hynix ces derniers mois, ou la troisième hausse de prix consécutive chez NVIDIA sur ses cartes graphiques.
Des prix déjà en hausse, une fin de crise repoussée après 2027
Apple avait anticipé le choc en relevant ses tarifs dès juin. Le MacBook Neo 256 Go est ainsi passé de 699 € à 799 €, le MacBook Air M5 13 pouces démarre désormais à 1 399 €, le MacBook Pro M5 à 2 199 €, et les iPad Air M4 et iPad Pro M5 ont également renchéri.
La marque avait alors reconnu, dans un communiqué : « Nous savons que cette nouvelle n’est pas la bienvenue et nous travaillons sans relâche pour trouver des solutions. »
Ce n’est pas la première fois que la hausse du coût de la mémoire se répercute sur les prix grand public : les smartphones subissent déjà le même effet depuis plusieurs mois. Sur le plan financier, Apple continue pourtant d’afficher une santé insolente, avec un bénéfice trimestriel record de 29,8 milliards de dollars annoncé fin juillet.
Mauvaise nouvelle pour les acheteurs pressés : Micron, l’un des trois grands fournisseurs mondiaux de mémoire, prévoit que la pénurie se prolongera bien au-delà de 2027.


