Le prochain smartphone va coûter plus cher, et la cause est inattendue : l’intelligence artificielle. Pour nourrir leurs data centers, les géants de la tech raflent les puces mémoire, provoquant une pénurie qui fait flamber le coût de fabrication des téléphones en 2026.
L’essentiel
- Le prix moyen d’un smartphone devrait grimper de 6,9 % en 2026, selon Counterpoint Research
- Le prix de la mémoire mobile a bondi de près de 70 % depuis début 2025
- Les data centers d’IA accaparent la production de puces, au détriment des téléphones
- Les modèles d’entrée et de milieu de gamme sont les plus menacés
Acheter un téléphone neuf reviendra plus cher cette année. Et pour une fois, ni le dernier processeur ni un écran révolutionnaire n’est en cause.
Le vrai responsable, c’est la course à l’intelligence artificielle. Pour alimenter leurs serveurs, les géants de la tech absorbent des quantités record de puces mémoire, laissant les fabricants de smartphones se disputer ce qui reste.
Selon le cabinet Counterpoint Research, le prix de vente moyen d’un smartphone devrait augmenter de 6,9 % sur l’ensemble de 2026. Dans le même temps, les livraisons mondiales reculeraient de 2,1 %.
Le nerf de la guerre tient en un mot : la mémoire. Le prix de la DRAM mobile a grimpé de près de 70 % depuis le début de l’année 2025, toujours d’après le cabinet.
Pourquoi l’intelligence artificielle fait grimper les prix
Un smartphone, c’est d’abord un assemblage de puces. Quand la mémoire, l’un de ses composants les plus chers, double de prix, toute la facture suit.
Depuis la mi-2024, les fondeurs réorientent leurs lignes vers les mémoires haut de gamme destinées à l’IA, bien plus rentables. Les téléphones passent après.
C’est cette même fièvre autour de l’IA qui, ces derniers jours, a propulsé les fabricants de robots humanoïdes en Bourse.
Le patron de Nothing, Carl Pei, a chiffré le choc. Un module de mémoire haut de gamme facturé une vingtaine de dollars l’an dernier dépassera les 100 dollars d’ici fin 2026, selon lui.
Conséquence directe : certains constructeurs devront relever leurs tarifs de plus de 30 %, ou rogner ailleurs. Nothing l’a déjà vécu : le coût de la mémoire de son Phone 4A a doublé entre sa conception et son lancement.
La marque a même renoncé à sortir un modèle haut de gamme cette année.
Quels téléphones et quels acheteurs sont touchés
Tous les segments ne sont pas logés à la même enseigne. Ce sont les modèles d’entrée et de milieu de gamme qui encaissent le coup le plus dur.
Sur ces appareils vendus à prix serré, la mémoire pèse lourd dans le coût total. Quelques dizaines d’euros de hausse suffisent parfois à faire disparaître une référence du catalogue.
Les industriels s’adaptent. Xiaomi a réduit de 40 % le nombre de ses modèles d’entrée de gamme pour 2026, quand Samsung a sécurisé ses approvisionnements en mémoire jusqu’en 2027.
En France, la flambée du neuf pourrait doper un marché déjà solide : celui du reconditionné. Plus les prix grimpent, plus les téléphones remis à neuf deviennent une alternative séduisante.
Reste la question du calendrier. Les analystes anticipent une pression maximale sur les prix au premier semestre, avant une possible accalmie si la production de mémoire se rééquilibre.
À retenir
- L’IA assèche le marché de la mémoire et fait flamber le coût des smartphones
- Counterpoint prévoit une hausse de 6,9 % du prix moyen en 2026
- Entrée et milieu de gamme trinquent, le reconditionné en profite