LinkedIn a dévoilé jeudi 30 juillet un bouton « Seems like AI slop », qui permet à ses utilisateurs de signaler les publications qu’ils jugent générées par l’intelligence artificielle. Le réseau professionnel veut freiner la déferlante de contenus automatisés qui envahit son fil d’actualité depuis plusieurs mois.
L’essentiel
- LinkedIn lance un bouton « Seems like AI slop » pour signaler les posts suspects
- La plateforme bloque déjà des centaines de milliers de commentaires automatisés par jour
- La fonction « enhance your post », qui réécrivait les textes à coups d’IA, est supprimée
- Le mouvement suit Substack et la start-up Pangram, qui vient de lever 9 millions de dollars
Un bouton qui nourrit les filtres anti-spam de LinkedIn
Concrètement, chaque utilisateur peut désormais signaler un post d’un simple clic s’il le juge produit par une intelligence artificielle plutôt qu’écrit à la main.
Ce signalement sert un double objectif. Il permet de faire remonter les contenus problématiques, mais alimente aussi les classificateurs internes de LinkedIn, chargés de repérer automatiquement les textes de mauvaise qualité générés en masse. Une philosophie proche de celle de TikTok, qui propose déjà un curseur pour filtrer les vidéos générées par l’IA dans son propre fil.
Le responsable produit de LinkedIn a résumé l’enjeu sans détour : le contenu IA de faible qualité, ce que les internautes anglophones surnomment le « slop », est devenu une priorité absolue pour la plateforme, dont la promesse reste de connecter de vraies personnes.
Autre changement notable : LinkedIn supprime sa fonction « enhance your post », qui réécrivait automatiquement les publications à l’aide de l’IA. Elle est remplacée par un simple outil de relecture, pensé pour corriger les fautes sans effacer la voix de l’auteur.
Un problème qui dépasse largement LinkedIn
Cette offensive s’inscrit dans un mouvement plus large. Selon les chiffres cités par Cloudflare, le trafic généré par des robots dépasserait désormais celui des internautes humains sur l’ensemble du web.
Substack a lancé ses propres outils de détection de contenu IA ces dernières semaines. Le réseau social Digg, de son côté, a dû mettre la clé sous la porte face à la prolifération de comptes automatisés.
Sur ce marché naissant de la détection, la start-up Pangram vient tout juste de lever 9 millions de dollars pour développer ses outils de vérification, signe que la lutte contre le contenu IA devient un secteur à part entière.
Ce que ça change pour les utilisateurs en France
Le calendrier réglementaire européen accélère aussi le mouvement. En France, l’étiquetage des contenus générés par IA devient obligatoire dès le 2 août, ce qui devrait pousser d’autres réseaux à suivre l’exemple de LinkedIn.
Reste que l’engouement financier autour de l’IA générative connaît aussi ses premiers ratés. Un fonds spécialisé dans l’IA a chuté de 67 % en un seul mois, rappel que la bulle spéculative autour du secteur reste fragile.
Pour les utilisateurs français de LinkedIn, le réflexe reste le même qu’ailleurs : vérifier la cohérence d’un profil, se méfier des formulations trop lisses et signaler les contenus suspects plutôt que de les partager.


