La start-up chinoise Moonshot AI a dévoilé le 16 juillet son nouveau modèle d’intelligence artificielle, Kimi K3. Avec près de 2 800 milliards de paramètres, il talonne désormais Claude et GPT sur plusieurs classements de référence, pour une facture jusqu’à trois fois moins élevée. L’annonce a fait chuter le Nasdaq et relancé le débat sur la place de la Chine dans la course à l’IA.
L’essentiel
- Moonshot AI dévoile Kimi K3, un modèle ouvert de 2 800 milliards de paramètres
- Le modèle grimpe en tête du classement de code Arena, contre la 18e place de son prédécesseur
- Son usage via API coûte jusqu’à 3 fois moins cher que Claude ou GPT
- L’annonce a fait chuter le Nasdaq d’environ 1 %, les investisseurs délaissant les valeurs des puces
Un modèle qui grimpe en tête des classements, à prix cassé
Kimi K3 compte entre 2 000 et 2 800 milliards de paramètres, selon le Financial Times relayé par TechCrunch. Il s’agit du plus grand modèle ouvert jamais publié par un laboratoire chinois.
Sur Arena, le classement de référence pour l’évaluation des IA de code, K3 s’est hissé à la première place avec un score Elo de 1 679. Son prédécesseur, Kimi K2.6, plafonnait à la 18e position quelques mois plus tôt.
Moonshot revendique la première place dans six des sept catégories de ce classement, du design à l’analyse de données, juste derrière Claude Fable 5 sur le seul volet jeu vidéo.
Reste l’argument du prix. L’accès via API coûte 3 dollars par million de tokens en entrée et 15 dollars en sortie, contre 10 et 50 dollars pour Claude Fable 5, selon les tarifs publiés par les deux entreprises.
Pour les entreprises qui hésitent encore sur quel assistant IA choisir entre ChatGPT, Gemini et Claude, l’argument tarifaire de Kimi K3 pourrait peser lourd dans la balance.
Le modèle étant publié en poids ouverts, il peut aussi être téléchargé et exécuté gratuitement par les développeurs disposant de leur propre infrastructure, plutôt que loué à l’heure via une API.
Wall Street inquiet, Washington sous tension
L’annonce est tombée le même jour qu’un discours du président chinois Xi Jinping à la Conférence mondiale sur l’IA de Shanghai. Coïncidence ou non, elle a eu un effet immédiat sur les marchés.
Le Nasdaq a perdu environ 1 % dès le lendemain, les investisseurs délaissant les valeurs des fabricants de puces comme Nvidia, selon le New York Times cité par TechCrunch.
David Sacks, ex-conseiller IA de Donald Trump et désormais coprésident du conseil scientifique de la Maison-Blanche, a dénoncé une Amérique qui « se ligote elle-même » avec ses régulations, pendant que la Chine avance.
L’ancien patron d’Uber Travis Kalanick a de son côté accusé les laboratoires chinois de « distiller » les modèles américains, c’est-à-dire de s’entraîner sur leurs réponses pour en reproduire les performances.
Chez OpenAI, le responsable de la prospective stratégique Dean Ball a reconnu que Kimi K3 est « un très bon modèle », tout en mettant en garde contre un scénario de « communisme total de l’IA » si les modèles ouverts venaient à dominer le marché mondial.
D’autres voix relativisent. Ce n’est pas la première fois qu’un modèle venu de Chine bouscule les prix du secteur : en mai déjà, un éditeur proposait une IA de code dix fois moins chère que ses concurrents américains.
Shakeel Hashim, rédacteur en chef du média spécialisé Transformer, juge ainsi une partie des craintes excessive : Kimi K3 ne présenterait pas de capacités cyber particulièrement dangereuses, et Pékin garde, selon lui, des raisons d’encadrer ses propres modèles à mesure qu’ils gagnent en puissance.
Pour l’utilisateur français, l’enjeu immédiat reste concret : un modèle ouvert et nettement moins cher signifie de nouvelles options pour les développeurs et les entreprises qui cherchent à réduire leur facture d’intelligence artificielle, sans dépendre d’un seul fournisseur américain.
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