Un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis pourrait être signé dans les prochaines vingt-quatre heures. C’est ce qu’a affirmé ce samedi 13 juin le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue les médiateurs, alors que Téhéran se montre nettement plus prudent sur le calendrier.
Selon Shehbaz Sharif, la finalisation du texte serait imminente. Le chef du gouvernement pakistanais a évoqué une « signature électronique » de l’accord, qui interviendrait dans la foulée, avant des discussions techniques programmées la semaine prochaine. Islamabad, qui relaie depuis plusieurs semaines les messages entre Washington et Téhéran, dit se préparer activement à cette étape.
Téhéran tempère les attentes
Côté iranien, le ton est plus mesuré. Le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baghaei, a indiqué que le document ne serait pas paraphé dès ce dimanche, sans pour autant exclure une signature « dans les jours à venir ». Cette divergence de calendrier illustre la fragilité d’un processus encore inabouti : selon plusieurs médias, la version du texte diffusée par la presse iranienne ne correspondrait pas exactement à celle avancée par Washington.
Les pourparlers visent à mettre un terme à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient, marqué ces derniers jours par de nouveaux accrochages dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial. L’Iran a d’ailleurs prévenu qu’un éventuel accord ne signifierait pas un retour à la situation qui prévalait avant la guerre dans cette zone. Un apaisement durable serait scruté de près par les marchés, le conflit ayant pesé ces derniers mois sur les cours de l’or noir et sur l’économie mondiale.
Le nucléaire iranien au cœur des tractations
Le dossier nucléaire reste le point le plus sensible. L’accord en discussion prévoirait un démantèlement du programme iranien, et le sort de l’uranium hautement enrichi cristallise les tensions : Washington exige sa destruction, tandis que Téhéran défend une dilution de ses stocks enrichis à 60 % sur le sol iranien. Les négociations, conduites côté américain par l’émissaire Steve Witkoff et côté iranien par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ont connu plusieurs rounds depuis 2025.
À l’heure où nous publions, aucune signature n’a été officiellement confirmée par les deux parties. Les prochaines heures diront si l’optimisme affiché par le médiateur pakistanais débouche sur un texte paraphé, ou si les divergences de fond repoussent une nouvelle fois l’échéance.
