La nouvelle municipalité RN/Reconquête de Vierzon, dans le Cher, a décidé de ne pas organiser la cérémonie du 10-Mai cette année. Cette journée nationale, instaurée par décret dès 2006, commémore chaque année la traite, l’esclavage et leurs abolitions. L’opposition locale et nationale dénonce une décision politique aux allures de provocation.
Ce dimanche 10 mai 2026, la place Aimé Césaire de Vierzon est restée silencieuse. Pas de cérémonie officielle, pas de représentants de l’État : la nouvelle mairie, dirigée depuis les municipales 2026 par le camp RN/Reconquête, a pris la décision de ne pas reconduire la commémoration que la ville organisait depuis une décennie.
Yves Husté, l’adjoint chargé de la Jeunesse et des Anciens combattants, a revendiqué ce choix. 1 500 euros : c’est le budget qu’il dit avoir voulu économiser. Selon lui, la cérémonie « attirait très peu de gens » et la question mémorielle de l’esclavage n’aurait, à ses yeux, plus d’utilité pratique. Il conteste également le caractère officiel de la date, affirmant que la commémoration du 10 mai ne figurerait pas dans la liste des 12 journées nationales officielles — ce qu’infirme pourtant le décret signé par Jacques Chirac le 31 mars 2006.
Une contre-cérémonie organisée par l’opposition
Face à l’inaction de la mairie, Nicolas Sansu, député communiste du Cher, a organisé en urgence un rassemblement à 11h sur la place Aimé Césaire. Christelle Césaire, petite-nièce du poète martiniquais et théoricien de la négritude, était présente pour lire des textes d’Aimé Césaire. Sansu a dénoncé « une faute de la part de la municipalité d’extrême droite ».
La décision de Vierzon s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des politiques mémorielles portées par des municipalités d’extrême droite. Elle rappelle notamment le rassemblement du 9-Mai à Paris, marqué par 97 interpellations, ou encore les polémiques autour de le media training de Bardella au cœur des débats internes au RN.
L’épisode fait aussi écho à l’abstention de la France au vote ONU sur l’esclavage, qui avait déjà suscité l’indignation, et à d’autres accrochages symboliques comme le portrait de Macron décroché dans une mairie.
- La mairie RN/Reconquête de Vierzon a annulé la cérémonie du 10-Mai, invoquant des économies de 1 500 €
- Le décret Chirac de 2006 institue pourtant cette commémoration comme journée nationale annuelle
- L’opposition a organisé une contre-cérémonie avec la petite-nièce d’Aimé Césaire
