Le Pentagone a lancé ce vendredi 8 mai 2026 la publication de nouveaux dossiers déclassifiés sur les phénomènes anormaux non identifiés (UAP), laissant le soin au public de « tirer ses propres conclusions ». Une initiative portée conjointement par la Maison-Blanche, la NASA, le FBI et le département de l’Énergie.
C’était une promesse de campagne. Donald Trump la tient, au moins en partie. Le Pentagone a mis en ligne vendredi une première salve de documents officiels sur les OVNI — que les autorités américaines désignent désormais sous l’acronyme UAP (Unidentified Anomalous Phenomena). Le message publié sur X par le ministère de la Défense est sans ambiguïté : là où les administrations précédentes auraient cherché à « discréditer ou dissuader », Trump entend offrir « une transparence maximale ».
La démarche ne se limite pas au Pentagone. Cinq agences fédérales sont impliquées : la Maison-Blanche, le directeur du renseignement national, le département de l’Énergie, la NASA et le FBI. D’autres documents doivent suivre au fur et à mesure des déclassifications.
Une transparence qui s’annonce progressive
Le député républicain Tim Burchett, qui milite depuis des années pour plus d’ouverture sur ce dossier, a salué la décision tout en tempérant les attentes. « Je tiens à rappeler aux gens que la transparence ne se fera pas d’un seul coup, cela prendra du temps », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Sa collègue Anna Paulina Luna a, elle, réclamé en mars la publication de 46 vidéos d’UAP identifiées par des lanceurs d’alerte. Elle a affirmé vendredi sur les réseaux sociaux que ces images devraient être incluses dans la prochaine vague de publications.
Cette initiative s’inscrit dans un calendrier plus large. Trump avait annoncé dès février son intention de rendre publics ces dossiers, après avoir déjà levé le secret sur les documents liés aux assassinats de John F. Kennedy, de Robert F. Kennedy et de Martin Luther King Jr. — des révélations qui n’avaient alors guère apporté d’éléments inédits.
Des centaines d’observations, aucune preuve extraterrestre
Dès 2022, le Congrès américain avait ordonné au Pentagone de commencer à déclassifier ses archives sur les observations d’OVNI, après que plusieurs membres de l’armée eurent témoigné de rencontres avec des aéronefs inexpliqués.
Un bureau spécialisé avait été créé pour coordonner ces déclassifications. Son premier rapport, publié en 2024, recensait des centaines de nouveaux incidents liés aux UAP — sans toutefois trouver la moindre preuve que le gouvernement américain ait jamais confirmé l’observation d’une technologie d’origine extraterrestre.
Entre mai 2023 et juin 2024 seulement, plus de 750 nouvelles observations avaient été répertoriées selon des données gouvernementales, alimentant une pression populaire que l’administration juge désormais difficilement tenable.
Un site officiel pour centraliser les données
Les documents sont accessibles sur le site war.gov/UFO, lancé pour l’occasion. Le Pentagone y précise vouloir permettre au public de « se forger sa propre opinion » — une formulation qui tranche avec la communication officielle des décennies passées.
Reste à savoir ce que contiendront réellement ces archives. L’expérience des précédentes déclassifications incite à la prudence. Mais pour des millions d’Américains qui suivent ce dossier depuis des années, le simple fait que la question soit traitée officiellement représente déjà une étape historique.
