Selon le bilan annuel dévoilé ce vendredi par l’Arcom, les géants du streaming ont de nouveau massivement investi dans la production française, affichant une contribution en nette augmentation par rapport à l’année précédente.
Les plateformes de streaming continuent de jouer un rôle majeur dans le financement de la culture en France. En 2024, Netflix, Disney+, Prime Video, Apple TV et Crunchyroll ont injecté un total de 397 millions d’euros dans la production audiovisuelle et cinématographique française.
Cette obligation découle d’un décret entré en vigueur en juillet 2021, qui aligne les services de vidéo par abonnement sur les chaînes de télévision traditionnelles.
La règle est claire : ces entreprises doivent consacrer 20 % de leur chiffre d’affaires réalisé sur le territoire français au soutien de la création locale.
Une contribution en hausse, Netflix en tête
Dans le détail, le rapport de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, précise que sur cette somme, 317 millions ont été alloués à la production audiovisuelle (séries, fictions) et 80 millions au cinéma.
Ce chiffre marque une progression significative par rapport à 2023, où la contribution s’était élevée à 337 millions d’euros pour Prime Video, Disney+ et Netflix seuls.
Bien que les montants par plateforme restent confidentiels pour des raisons de secret des affaires, l’Arcom confirme que Netflix demeure le plus grand contributeur du secteur.
Lors des rencontres cinématographiques de l’ARP au Touquet, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a souligné que, malgré des « débats » et des « tensions », « les acteurs jouent le jeu » et respectent leurs engagements.
Un avenir en demi-teinte après 2025
Au total, le financement obligatoire de la production en France, incluant les chaînes de télévision traditionnelles, a atteint 1,61 milliard d’euros en 2024. Les plateformes représentent ainsi près de 25 % de cet effort global.
Point notable, près de 90 % de ces sommes sont dirigées vers des œuvres d’expression originale française, confirmant l’impact direct de cette mesure sur la création locale.
Si les perspectives pour 2025 s’annoncent « plutôt favorables », un « ralentissement de la croissance » des géants du streaming pourrait survenir en 2026, a prévenu Antoine Boilley, membre du collège de l’Arcom.
Pour l’exercice 2025, une nouvelle plateforme, Paramount+, sera également soumise à cette obligation de financement, et sera probablement suivie par Max, lancée en France en 2024.
