À retenir
- Les Éditions du Boréal affirment le 21 octobre 2026 que l’IA a été utilisée dans l’écriture de C’était ça ou mourir
- La maison montréalaise ne réimprimera pas le roman et ne publiera plus d’autre livre de Thélyson Orélien
- L’écrivain avait renoncé le 17 octobre à documenter la genèse du texte, déjà retiré de la sélection du prix Goncourt
Les Éditions du Boréal reconnaissent que l’intelligence artificielle a servi à écrire C’était ça ou mourir, le roman de Thélyson Orélien. La maison québécoise l’a annoncé le 21 octobre 2026, quatre jours après l’abandon par l’écrivain de toute démarche pour prouver l’origine de son texte.
« De nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir », écrit l’éditeur.
Le romancier avait pourtant assuré à plusieurs reprises à Boréal qu’il n’avait jamais eu recours à l’IA pour ce livre.
La maison en tire les conséquences : elle ne réimprimera pas le roman et ne publiera plus d’autre ouvrage de l’auteur.
Le 17 octobre, Renaud Roussel « acceptait » le renoncement de l’auteur
Quatre jours avant cette annonce, le codirecteur de la maison d’édition, Renaud Roussel, avait confirmé par courriel que l’écrivain renonçait à documenter son roman, selon Radio-Canada.
« Ce choix lui appartient et nous l’acceptons, même si nous aurions certainement préféré être en mesure d’apporter des réponses définitives aux allégations », a-t-il déclaré.
Trois jours plus tôt, le 14 octobre, l’éditeur avait déjà reconnu ses limites. Boréal indiquait ne disposer d’aucun élément sur le manuscrit antérieur au 12 septembre 2025, date à laquelle son équipe l’a reçu.
« En tant qu’éditeur, ce n’est pas notre rôle d’enquêter sur sa démarche », avait ajouté Renaud Roussel. La maison disait alors ne pouvoir ni confirmer ni infirmer le recours à l’IA.
Le compte anonyme Balance ton Claude à l’origine des soupçons
Les accusations sont apparues le 22 septembre 2026 sur X. Un compte anonyme, Balance ton Claude, affirmait avoir soumis des extraits du roman au logiciel de détection Pangram, qui attribuait l’essentiel du texte à une IA.
Thélyson Orélien a toujours contesté ces accusations. L’écrivain d’origine haïtienne affirmait avoir commencé l’écriture à l’automne 2017 et l’avoir achevée au printemps 2019. Selon lui, aucune phrase n’avait été générée par une machine.
Il a en revanche reconnu des plagiats dans des textes antérieurs, qu’il présente comme une erreur de jeunesse.
Il avait aussi expliqué au quotidien Libération qu’il rassemblait des éléments avec ses éditeurs en France et au Québec. Il a abandonné cette démarche le 17 octobre.
Un best-seller retiré de la course au Goncourt
L’affaire a déjà eu des conséquences. Le roman a été retiré de la sélection du Goncourt en raison des soupçons d’IA et de plagiat.
Les ventes ont chuté de 37 % sur une semaine début octobre. Le livre restait pourtant le plus vendu de l’année dans les librairies indépendantes québécoises, et 11e toutes ventes confondues.
Au 14 octobre, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec comptait 1 713 réservations pour sa version numérique.
Boréal avait suspendu la tournée de promotion en septembre. Le titre est épuisé chez l’éditeur, et la réimpression qui était prévue n’aura pas lieu.
Thélyson Orélien ne participera pas au Salon du livre de Montréal, du 25 au 29 novembre, pour des raisons de sécurité.


























