Radio Nova : Éric Ciotti saisit l’Arcom et réclame la suspension de la station

Éric Ciotti demande à l'Arcom de suspendre Radio Nova et de supprimer « La Riposte » après une chronique qui aurait cité des adresses de patrons, d'après Le Figaro.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
5 min de lecture
Microphone de studio sur bras articulé dans un studio de radio
Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

À retenir

  • Éric Ciotti a saisi l’Arcom le samedi 17 octobre 2026 contre Radio Nova : il réclame la fin de l’émission « La Riposte » et la suspension de la station « pour la durée maximale prévue par la loi ».
  • Il vise une chronique de l’humoriste Pierre Metzger diffusée le mercredi 14 octobre au soir, au cours de laquelle les adresses de Bernard Arnault et de Vincent Bolloré auraient été citées, selon Le Figaro.
  • Aucune réaction publique de Radio Nova ni de l’Arcom n’était connue samedi à la mi-journée.
Au sommaire
  1. Éric Ciotti demande la fin de « La Riposte » et un signalement au parquet
  2. Ce que dit la lettre d’Éric Ciotti à Martin Adjari
  3. La chronique de Pierre Metzger date du mercredi 14 octobre
  4. Radio Nova est déjà sous mise en demeure depuis le 17 juin

Éric Ciotti réclame la suspension de Radio Nova. Dans un message publié samedi 17 octobre sur X, il dit saisir « en urgence » l’Arcom après une chronique dont Le Figaro rapporte qu’elle a cité à l’antenne les adresses privées de Bernard Arnault et de Vincent Bolloré.

Éric Ciotti demande la fin de « La Riposte » et un signalement au parquet

Dans son message, il écrit que « les adresses privées de Bernard Arnault et Vincent Bolloré ont été divulguées ». Il formule cinq demandes : le retrait immédiat de toutes les séquences, la suppression définitive de l’émission, l’examen d’une suspension de la station pour la durée maximale prévue par la loi, l’ouverture d’une procédure pouvant conduire au retrait de ses autorisations d’émettre, et la transmission des faits au procureur de la République. Il réclame aussi une mise en demeure immédiate.

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La veille au soir, vendredi 16 octobre, il appelait le gouvernement à prononcer la « fermeture immédiate » de la station. Or le pouvoir de sanction sur les radios appartient à l’Arcom, pas à l’exécutif, ce qui explique le changement de destinataire. Son message sur X ne cite aucun article de loi, mais la lettre qui l’accompagne vise les articles 42 et 42-1 de la loi de 1986.

Ce que dit la lettre d’Éric Ciotti à Martin Adjari

Éric Ciotti a joint à son message une lettre signée, datée du 16 octobre 2026 et adressée à Martin Adjari, président de l’Arcom. Il s’y présente comme député-maire de Nice et président du groupe UDR à l’Assemblée nationale. Il y demande l’« intervention immédiate » du régulateur.

Le texte s’appuie sur les révélations du Figaro. Éric Ciotti y reprend la formule « N’hésitez pas à tirer dans la tête », qu’il situe « dans une séquence présentée comme un jeu de balle aux prisonniers ». Il juge que la liberté d’expression « ne saurait constituer un permis d’intimider, de menacer ou d’exposer délibérément des personnes et leurs familles à des risques de violences physiques ». Il compare ce procédé aux méthodes d’intimidation de « l’ultra gauche », qu’il qualifie de « radicales, voire terroristes ».

Il rappelle deux précédents qu’il impute à Radio Nova : en novembre 2025, Pierre-Emmanuel Barré aurait comparé les forces de l’ordre à Daech, ce qui avait provoqué une plainte du ministre de l’Intérieur ; en mai 2026, le même chroniqueur aurait mis en scène des violences contre Sophia Aram et visé Gabriel Attal, ce qui aurait donné lieu à une nouvelle saisine de l’Arcom. Selon lui, ces deux affaires n’ont pas donné lieu à des sanctions.

La lettre formule six demandes :

  • le retrait immédiat des contenus litigieux, avec leur conservation à titre de preuve ;
  • la déprogrammation immédiate et définitive de « La Riposte » ;
  • une procédure de mise en demeure au titre de l’article 42 de la loi du 30 septembre 1986 ;
  • l’examen d’une suspension de la diffusion pour la durée maximale légale, au titre de l’article 42-1 ;
  • l’examen d’un retrait des autorisations d’émettre, « si les conditions légales sont réunies » ;
  • la transmission au procureur de la République, notamment au regard de l’article 223-1-1 du code pénal (divulgation d’informations permettant de localiser une personne) et de la loi du 29 juillet 1881 sur la provocation à commettre des violences.

Il demande aussi à l’Arcom de lui faire connaître les suites réservées à sa saisine. Il écrit enfin que les médias « d’ultra gauche » ne doivent pas devenir « les vecteurs d’une escalade de l’intimidation et de la violence ». Cette qualification est la sienne.

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La lettre en images :

La chronique de Pierre Metzger date du mercredi 14 octobre

D’après Le Figaro, la séquence provient de « La Riposte », un rendez-vous d’humour animé par Akim Omiri, enregistré devant un public puis rediffusé sur la chaîne YouTube de Radio Nova. L’humoriste Pierre Metzger y aurait évoqué les manifestations annoncées pour le samedi 17 octobre, puis cité en direct les adresses des deux dirigeants, en partie masquées par un bip dans la vidéo.

Le quotidien affirme qu’il a aussi invité à « attraper » ces patrons chez eux. Il rapporte la formule « n’hésitez pas à tirer dans la tête », reprise par Éric Ciotti. Selon ce récit, le public rit et applaudit ; le journal, lui, y voit un appel à la violence.

Ce sont des propos rapportés. Il revient à l’Arcom, et le cas échéant à la justice, d’apprécier s’il s’agit d’humour ou d’une incitation. Aucune plainte n’a été rendue publique à ce stade.

Radio Nova est déjà sous mise en demeure depuis le 17 juin

Ce dossier s’ajoute à un autre, sans rapport avec les propos du 14 octobre : par une décision du 17 juin, publiée le 3 juillet, l’Arcom a mis en demeure l’éditeur de la station sur ses quotas de chanson francophone. Une mise en demeure précède une éventuelle procédure de sanction ; elle n’est assortie d’aucune amende.

Le régulateur dispose de plusieurs échelons, de la mise en demeure à l’amende puis au retrait d’autorisation, prévus aux articles 42 et suivants de la loi de 1986 sur la liberté de communication. Il agit après la diffusion, par décision collégiale, et ses décisions peuvent être contestées devant le Conseil d’État.

Radio Nova appartient au groupe Combat de Matthieu Pigasse. La station avait déjà défendu la liberté d’expression de ses humoristes en novembre 2025, après la plainte du ministre de l’Intérieur contre une chronique de Pierre-Emmanuel Barré.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.