Google refuse de confirmer ou d’infirmer l’arrivée de publicités dans Gemini. Lors d’un appel aux investisseurs en avril 2026, le directeur commercial de Google a laissé entendre que des formats publicitaires éprouvés dans la recherche pourraient migrer vers l’assistant IA. Une déclaration qui contraste avec les démentis répétés de la firme et ravive les inquiétudes des utilisateurs.
Des déclarations qui font tache
Lors du dernier appel aux investisseurs, Philipp Schindler, directeur des activités commerciales de Google, a lâché une phrase qui a immédiatement circulé dans les milieux tech : « si c’est bien fait, la publicité peut être très utile ». Il a ajouté que si un format publicitaire « fonctionne bien dans le mode IA de la recherche, il n’y a pas de raison qu’il ne fonctionne pas dans l’appli Gemini ».
Nick Fox, vice-président senior chez Google chargé de l’expérience produit, avait de son côté confié à un grand média américain qu’il ne fermait pas la porte aux publicités dans Gemini. Ces prises de position successives de hauts responsables tranchent avec les démentis officiels que le groupe répète depuis des mois.
Un démenti fragilisé par les faits
En décembre 2025, le site spécialisé Adweek avait publié une révélation exclusive selon laquelle des commerciaux de Google auraient briefé des annonceurs sur une intégration de la publicité dans Gemini dès 2026. Google avait catégoriquement démenti, son porte-parole assurant qu’il « n’y avait pas de publicités dans Gemini et qu’aucun changement n’était prévu ».
Mais le cabinet d’analyse DiscoveredLabs a identifié des kits de développement publicitaires (SDK) intégrés dans l’application Gemini. Ces composants retournent aujourd’hui des réponses vides — l’infrastructure technique est en place, mais inactive. Un signal que beaucoup d’observateurs jugent révélateur d’une intégration future préparée en coulisses.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de repositionnement commercial de Google face à l’essor de l’IA. Récemment, le groupe avait déjà fait parler de lui en élargissant son partenariat avec AWS, illustrant la pression concurrentielle qui s’exerce sur ses services IA — comme le rappelait notre article sur la stratégie commerciale d’OpenAI.
Ce que cela changerait pour les utilisateurs
Aujourd’hui, Gemini offre une expérience entièrement dépourvue de publicités, ce qui constitue l’un de ses atouts face aux moteurs de recherche classiques. L’intégration de pubs dans un assistant IA conversationnel poserait des questions inédites : comment distinguer une réponse naturelle d’un résultat sponsorisé ? Comment signaler clairement un contenu promu dans le fil d’une conversation ?
Google tire encore l’essentiel de ses revenus de la publicité dans la recherche. Gemini, qui compte des centaines de millions d’utilisateurs actifs dans le monde, représente un bassin monétisable difficile à ignorer pour le groupe Alphabet. La question n’est peut-être plus de savoir si les pubs arriveront dans Gemini, mais quand — et sous quelle forme ils seront présentés aux utilisateurs.
À retenir
- Deux dirigeants de Google ont récemment refusé d’exclure l’arrivée de publicités dans Gemini, malgré les démentis officiels.
- Des kits publicitaires dormants ont été détectés dans le code de l’application par des analystes indépendants.
- L’enjeu est majeur : Gemini est aujourd’hui sans pub, un avantage clé que son intégration publicitaire remettrait en cause.
