À retenir
- Les habitants du Grand Pontarlier ont réduit leur consommation d’eau potable d’environ un huitième après l’appel à la sobriété, selon le dernier point daté du 23 octobre
- La nappe de l’Arlier est historiquement basse et le déficit de pluie équivaut à environ deux mois et demi de précipitations, d’après les services de l’État
- Le puits Champagne 3 est fermé depuis le 2 octobre, la piscine Georges-Cuinet est close, aucune date de coupure n’a été fixée
- Le préfet du Doubs, Rémi Bastille, estime que la sortie de crise n’est pas encore en vue
Au sommaire
Le Grand Pontarlier (Doubs) n’a pas basculé dans les coupures d’eau, mais la sécheresse qui a mis ses réserves au plus bas n’est pas terminée. Après l’alerte lancée début octobre, la consommation d’eau potable a reculé d’environ 12,5 %, selon le dernier point disponible, daté du 23 octobre.
Cette baisse ne suffit pas à lever la menace. Le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a résumé la situation d’une phrase : « La sortie de crise n’est pas encore en vue ». Les pluies récentes ont apporté un « léger répit », sans combler le déficit.
Le puits Champagne 3 est fermé depuis le 2 octobre
L’agglomération puise l’essentiel de son eau potable dans la nappe de l’Arlier, par les puits Champagne 2 et Champagne 3. Le second a été fermé le 2 octobre, après avoir atteint son seuil d’alerte.
Le puits Champagne 2 peut fournir environ 7 000 m³ par jour, contre une consommation estimée à 4 500 m³ par jour, selon les chiffres publiés au 9 octobre. La marge existe, mais elle dépend d’une ressource que les services de l’État jugent historiquement basse.
Le maire de Pontarlier, Patrick Comte, avait alerté le 5 octobre : « On m’annonce des coupures d’eau dans Pontarlier s’il ne pleut pas rapidement ». Il parlait alors d’environ cinq semaines pour agir. Aucune date de coupure n’a été communiquée depuis.
La consommation recule d’environ un huitième
L’appel à la sobriété a produit un effet mesurable : environ 12,5 % d’eau potable en moins consommée dans l’agglomération. La piscine municipale Georges-Cuinet, fermée depuis le 7 octobre, économise à elle seule 35 à 40 m³ par jour et reste close jusqu’à nouvel ordre.
Le déficit de pluie atteint l’équivalent d’environ deux mois et demi de précipitations, d’après les services de l’État. Le niveau du lac de Saint-Point, qui sert de réserve, a nettement baissé.
Les vannes du lac de Saint-Point sont resserrées
Pour protéger l’eau potable du Haut-Doubs, la préfecture a durci la fermeture des vannes du barrage de Saint-Point, ce qui réduit encore le débit du Doubs. Le département est en crise sécheresse depuis le 17 juillet, et l’arrêté a été prolongé jusqu’au 2 décembre.
Les conséquences se voient sur la rivière : les 7 et 8 octobre, une pêche de sauvetage sur environ deux kilomètres, à Arçon, a déplacé des dizaines de milliers de poissons vers le Drugeon.
Ce que la Ville demande aux habitants de Pontarlier
Les consignes restent les mêmes : limiter l’arrosage, repousser les usages non essentiels de l’eau du robinet et privilégier des pratiques économes, y compris dans l’industrie et l’agriculture. Les règles locales seront ajustées si la situation évolue.
À plus long terme, la Communauté de communes du Grand Pontarlier prévoit un neuvième puits à Houtaud, entre 2028 et 2029, ainsi qu’une interconnexion des puits pour alimenter chaque commune depuis n’importe quel point de captage.










