Olivia Karam explore l’arnaque à la paternité dans son nouvel essai chez Hermann

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Avec Héritages : fils de roi ou fils de rien, paru le 6 mai 2026 chez Hermann, l’éditrice et essayiste Olivia Karam signe son premier livre en solo. Un récit de 118 pages qui décortique le business des actions en recherche de paternité ciblant les stars planétaires.

Le sous-titre annonce la couleur : Le business de l’arnaque à la paternité. Chez Hermann, Olivia Karam ne livre pas un traité de droit civil, mais une galerie de portraits où la chambre du juge ressemble à un théâtre. Onze euros, format poche, et un casting digne d’un cabinet d’avocats hollywoodien.

Charlie Chaplin, Jay-Z, Salvador Dalí, Michael Jordan, Yves Montand, Juan Perón, Boris Becker, Hassan II, Dominique Desseigne. Tous, un jour, ont vu débarquer un visage inconnu réclamant un nom, un héritage, parfois les deux. L’autrice tire le fil de ces dossiers comme on déroule une pelote sociologique.

Un casting de stars sommées de prouver leur innocence

L’angle est habile. Karam refuse le manichéisme. Elle ne plaide ni pour les vedettes harcelées, ni pour les requérants supposés vénaux. Elle observe.

Côté pile, des hommes exposés à toutes sortes de revendications, contraints d’apporter eux-mêmes la preuve qu’ils ne sont pas le père. Côté face, des enfants en quête d’identité, des mères en quête de reconnaissance, et parfois des affabulateurs en quête d’un nom. Entre les deux, le test ADN n’est jamais le mot de la fin : il en est souvent le début.

Le récit assume sa part romanesque. L’autrice parle elle-même d’histoires rocambolesques et parfois tragiques, et c’est précisément cette tension qui tient le lecteur en haleine sur 118 pages.

Démêler la mythomanie du témoignage

La question qui traverse le livre est posée sans détour. Comment fait-on, dans un tribunal, pour distinguer le récit sincère de la fabulation montée de toutes pièces ? Comment décider, quand le requérant n’appartient pas au monde qu’il revendique ?

Karam évite le piège du faits divers compilé. Elle remonte aux mécanismes : la célébrité comme aimant à revendications, l’argent comme moteur, la généalogie comme champ de bataille. Le mot business dans le sous-titre n’est pas une métaphore, c’est une description.

Avant ce coup d’essai en solo, Olivia Karam s’était imposée comme coautrice de plusieurs essais et récits, et comme éditrice indépendante. Passionnée de questions de société, elle déploie ici une plume sèche, documentée, qui rappelle parfois les meilleures pages de la collection « Récits » des grandes maisons.

Un format court qui mise sur la densité

Cent dix-huit pages, c’est peu pour brasser autant de cas. C’est aussi un pari. Hermann assume une publication ramassée, accessible, à la lecture rapide.

Reste à savoir si la galerie de portraits franchira la frontière du procès de Charlie Chaplin ou du dossier Dalí pour interroger plus largement l’industrie de l’héritage. Le titre, lui, a déjà tranché : fils de roi ou fils de rien.

Le livre est disponible à la librairie LGDJ, à Paris, et expédié sous vingt-quatre heures.
À retenir
  • Olivia Karam publie son premier livre en solo chez Hermann.
  • L’essai décortique les actions en recherche de paternité visant les stars.
  • 118 pages, 11 €, parution le 6 mai 2026.
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.