Plafonds de chiffre d’affaires, taux de cotisations, franchise de TVA : le régime du micro-entrepreneur évolue peu en 2026, après des mois d’incertitude. La grande réforme qui menaçait d’abaisser le seuil de TVA a finalement été abandonnée.
L’essentiel
- Les plafonds de chiffre d’affaires restent fixés à 188 700 € pour la vente et 77 700 € pour les prestations de services.
- La franchise de TVA est maintenue à 85 000 € (vente) et 37 500 € (services) : le seuil unique envisagé a été abandonné fin 2025.
- Les cotisations sont stables pour le commerce et les services, mais continuent d’augmenter pour les professions libérales.
- À partir du 1er septembre 2026, toute micro-entreprise doit pouvoir recevoir des factures électroniques.
Un régime simplifié pour les entrepreneurs individuels
La micro-entreprise, qui a remplacé l’auto-entreprise, reste le statut le plus simple pour lancer une activité en nom propre.
Cotisations et impôt sont calculés en pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé : sans recette, aucun prélèvement. La création se fait en ligne, via le guichet unique des formalités des entreprises.
Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026
Pour rester au régime micro, le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser certains seuils, inchangés cette année.
Ils s’établissent à 188 700 € pour les activités de vente de marchandises et d’hébergement, et à 77 700 € pour les prestations de services commerciales, artisanales ou libérales. Un dépassement sur une seule année n’a pas de conséquence immédiate : ce n’est qu’après deux années consécutives au-dessus du plafond que l’on bascule vers un régime réel.
La franchise de TVA : la réforme abandonnée
C’est le principal soulagement de l’année pour les indépendants.
Un temps, le gouvernement a voulu instaurer un seuil unique de franchise de TVA, d’abord à 25 000 €, puis à 37 500 € dans le projet de loi de finances 2026. La mesure, vivement contestée, a finalement été retirée : la loi du 3 novembre 2025 a enterré le seuil à 25 000 €, et le Parlement a supprimé celui à 37 500 €.
Les seuils de franchise restent donc ceux de 2025 : 85 000 € pour la vente, 37 500 € pour les services, avec des seuils de tolérance respectifs de 93 500 € et 41 250 €.
Tant que vous en bénéficiez, vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Les taux de cotisations sociales
Affilié à la Sécurité sociale des indépendants, le micro-entrepreneur paie ses cotisations chaque mois ou chaque trimestre à l’Urssaf.
Les taux dépendent de l’activité : 12,3 % du chiffre d’affaires pour la vente de marchandises et 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, deux niveaux stables en 2026.
Les professions libérales, elles, voient leurs cotisations poursuivre la hausse progressive engagée depuis 2024, pour se rapprocher de 26 % du chiffre d’affaires. Cette augmentation vise à améliorer leurs droits à la retraite.
Cette logique de cotisation conditionne directement la future pension, un point à creuser avec les montants du minimum contributif et de l’Aspa.
Impôt : abattement ou versement libératoire
Côté fiscal, le bénéfice imposable est obtenu en appliquant un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires.
Cet abattement atteint 71 % pour la vente, 50 % pour les services commerciaux et 34 % pour les activités libérales, le solde étant soumis à l’impôt sur le revenu.
Sous condition de revenu fiscal de référence, il est aussi possible d’opter pour le versement libératoire, qui permet de régler l’impôt en même temps que les cotisations. Le choix entre les deux dépend de votre tranche, à comparer avec les tranches du barème de l’impôt sur le revenu.
Ce qui change vraiment en 2026
Au-delà de la stabilité des seuils, une échéance approche.
À partir du 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique entre en vigueur : toutes les entreprises établies en France, micro-entrepreneurs compris, devront pouvoir recevoir des factures au format électronique via une plateforme agréée. D’autres obligations ponctuelles s’appliquent par ailleurs selon l’activité, comme la déclaration des meublés de tourisme.
Questions fréquentes
Les plafonds du régime micro changent-ils en 2026 ?
Non, ils restent fixés à 188 700 € pour la vente et 77 700 € pour les prestations de services. Le statut ne se perd qu’après deux années consécutives de dépassement.
Le seuil de TVA des auto-entrepreneurs a-t-il baissé ?
Non. Le projet de seuil unique à 25 000 puis 37 500 € a été abandonné fin 2025. Les seuils de franchise restent ceux de 2025, soit 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services.
Quels taux de cotisations s’appliquent en 2026 ?
12,3 % du chiffre d’affaires pour la vente et 21,2 % pour les services commerciaux, des taux stables. Les professions libérales connaissent en revanche une hausse progressive de leurs cotisations.















