À retenir
- Emmanuel Macron a répondu à Hugo Travers dans un entretien enregistré le mercredi 28 octobre 2026 pour la chaîne YouTube HugoDécrypte – Grands formats
- Le président qualifie d’« échec collectif » la spirale de violences autour du mouvement lycéen et réclame un retour au calme après la Toussaint
- Sur le 17 octobre, il reconnaît « un défaut d’anticipation » de l’État face aux pillages et aux groupes d’ultragauche
- Il écarte un « droit universel à l’université », refuse de baisser les taxes sur le carburant et dénonce une « désinhibition du racisme » après Trappes
Au sommaire
- Lycéens blessés : Macron parle d’un « échec collectif »
- 17 octobre : « un défaut d’anticipation, notre faute »
- Parcoursup : Macron écarte un « droit universel » à l’université
- Carburant : pas de baisse des taxes ni de prix administré
- Trappes : une « désinhibition du racisme » selon le président
- Une génération « à accompagner » avant la présidentielle de 2027
Emmanuel Macron a défendu sa gestion de la crise lycéenne et des violences du 17 octobre face à Hugo Travers, fondateur du média HugoDécrypte, dans un entretien diffusé mercredi 28 octobre sur la chaîne YouTube HugoDécrypte – Grands formats. Le chef de l’État s’exprime à trois jours d’une nouvelle journée de mobilisation, prévue samedi 31 octobre.
Le journaliste avait déjà interrogé le président en 2023. Cette fois, ses questions ont porté sur les lycéens blessés, le droit de manifester, Parcoursup, le prix du carburant et l’attentat raciste de Trappes.
Lycéens blessés : Macron parle d’un « échec collectif »
Hugo Travers a reproché au président de ne pas avoir cité les lycéens blessés depuis le début du mouvement, dont un adolescent qui a perdu une main. Emmanuel Macron a refusé d’« opposer » ces blessés aux policiers et gendarmes touchés.
« Le fait qu’on en soit arrivé là, c’est un échec collectif », a-t-il déclaré. À la famille d’un lycéen mutilé, il dit que « rien ne justifie ça ».
Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du mercredi 28 octobreÀ la une : huit candidats face à la presseLire l’édition →Le président affirme que près de 50 enquêtes de l’inspection générale de la police ont été ouvertes. Il dit avoir reçu des représentants lycéens la semaine dernière et souhaite que les établissements rouvrent « dans des bonnes conditions » après les vacances de la Toussaint.
17 octobre : « un défaut d’anticipation, notre faute »
Emmanuel Macron décrit trois phénomènes pour la journée du 17 octobre : une mobilisation sous-estimée, des groupes d’ultragauche passés à l’action dès le début des cortèges, puis des pillages de commerces dans les grandes villes. Selon lui, les renseignements attendaient environ 250 000 manifestants, il en est venu 500 000.
Il résume la situation par « un défaut d’anticipation, notre faute ». Des couvre-feux localisés avaient été instaurés dès le lendemain, à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu. Le président était revenu sur cette journée lors de son déplacement à Marseille en début de semaine.
Interrogé sur sa phrase du 22 octobre visant les demandes de manifester de personnes sans « légitimité », critiquée par la Ligue des droits de l’homme, il assume : « c’est une indication que j’envoie ». Il rappelle que les interdictions des préfets restent soumises au juge administratif.
Sur une possible coupure de TikTok, Instagram et Snapchat, évoquée par le média Blast, il répond d’abord par la négative, puis admet qu’« il y a eu des discussions » sous l’autorité du Premier ministre. Il met en avant les signalements de contenus illicites transmis aux plateformes par Pharos.
Parcoursup : Macron écarte un « droit universel » à l’université
Le 26 octobre, le gouvernement a annoncé une refonte de Parcoursup pour la session 2027 et son remplacement en 2028, ainsi que 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, selon franceinfo. Les syndicats étudiants jugent ces mesures insuffisantes.
Le président défend cette enveloppe et rejette l’idée d’un droit universel à l’université, qu’il juge « faux » et « pas souhaitable ». Il insiste plutôt sur l’orientation et la transparence des débouchés de chaque formation.
Sur l’usage de l’intelligence artificielle pour conseiller les lycéens, il ne ferme pas la porte, à condition que l’outil soit « transparent ». Quant aux rénovations de bâtiments scolaires promises en 2023, il concède : « Je n’ai pas de chiffre. »
Carburant : pas de baisse des taxes ni de prix administré
Emmanuel Macron s’appuie sur le plafond de prix négocié avec TotalEnergies et annonce une baisse à la pompe à partir du 1er novembre. Il refuse un plafonnement administratif, qui reviendrait selon lui à faire payer l’État aux distributeurs.
Il écarte aussi une baisse générale des taxes, qui profiterait selon lui aux ménages les plus aisés, et préfère des aides ciblées comme l’aide de 100 euros pour les grands rouleurs. Sur les salaires, il vise d’abord les branches professionnelles dont les minima restent sous le Smic.
Trappes : une « désinhibition du racisme » selon le président
Le 23 octobre, une fusillade à Trappes et La Verrière (Yvelines) a fait un mort, un homme de 26 ans, et plusieurs blessés, dont une fillette. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête, en retenant le caractère raciste des faits.
Votre argent, vos droitsVirement Caf du 5 novembre : les vrais montants maximum, aide par aide→Le président estime que des mouvements d’extrême droite ont laissé s’installer une « désinhibition du racisme ». Il dit avoir été frappé par « le manque de compassion » qui a suivi l’attaque.
Invité à désigner des chaînes de télévision, il s’y refuse : « Je ne serais pas dans mon rôle si je pointais du doigt tel ou tel média. » Il renvoie à l’Arcom.
Il juge « pas sérieux » l’article de Médiapart sur des consignes données au renseignement pour mettre en cause La France insoumise. Après les images d’agressions de militants d’ultradroite à Nancy, il martèle qu’il n’y aura « aucune violence, aucune faiblesse », quel que soit le camp.
Une génération « à accompagner » avant la présidentielle de 2027
À la question de savoir s’il manifesterait à 17 ans, Emmanuel Macron ne tranche pas. Il décrit une génération marquée par les attentats, le Covid, la guerre en Ukraine et le conflit à Gaza, qu’il faut accompagner « avec beaucoup de respect, d’ambition et de bienveillance ».
Il renvoie les réponses de fond à la présidentielle du printemps 2027. Les organisations de jeunesse appellent à manifester de nouveau samedi.
Sources : entretien d’Emmanuel Macron avec Hugo Travers, chaîne YouTube HugoDécrypte – Grands formats (https://www.youtube.com/watch?v=xRIw-ZmDzj4) ; franceinfo pour les annonces du 26 octobre sur Parcoursup.
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