Sébastien Lecornu a présenté mardi 9 juin ses premières mesures après la mort de Lyhanna, 11 ans. Le Premier ministre veut porter à la perpétuité la peine encourue par les violeurs en série, contre vingt ans aujourd’hui, et imposer un délai d’enquête de trois mois pour les crimes commis sur des enfants.
L’essentiel
- Les violeurs en série pourraient encourir la perpétuité, contre vingt ans aujourd’hui
- Un délai de trois mois serait imposé aux enquêteurs pour les crimes sur enfants
- Les mesures rejoindront le projet de loi sur la protection des enfants, examiné en juillet
- Plus de 60 000 personnes ont manifesté lundi soir dans plusieurs villes
Le chef du gouvernement a réuni mardi matin plusieurs ministres à Matignon, dont le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, autour de la protection de l’enfance et des violences sexuelles.
À l’issue de la réunion, il a annoncé vouloir alourdir les peines visant les violeurs en série. Ceux-ci pourraient encourir la réclusion criminelle à perpétuité, alors que le maximum est aujourd’hui de vingt ans, selon Matignon.
« Nous ouvrons la concertation pour aller plus loin que la seule question des crimes sexuels contre les mineurs », a déclaré le Premier ministre devant les députés.
Trois mois pour enquêter sur les crimes commis sur enfants
Deuxième mesure phare : imposer aux enquêteurs un délai de trois mois maximum pour réaliser les premiers actes d’enquête lorsque l’auteur présumé d’un crime sur enfant est identifié.
La disposition vise les failles relevées dans le suivi du principal suspect. Jérôme Barella, mis en examen dans la mort de Lyhanna, avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements avant le drame.
La mère d’une fillette de 10 ans, qui l’accuse de viol, avait porté plainte en août 2025 sans qu’aucune convocation ne suive. Lyhanna a été enlevée à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai.
Un texte attendu au Parlement en juillet
D’autres pistes restent en cours de finalisation, selon Matignon : révision des règles de prescription, meilleure information des victimes et obligation de motiver les classements sans suite pour les crimes et délits sexuels.
Toutes seront intégrées au projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres et attendu au Parlement en juillet.
La pression reste forte sur l’exécutif, au lendemain de manifestations dans plusieurs villes. Gérald Darmanin, qui a reconnu des « dysfonctionnements accablants », a exclu de démissionner et lancé la revue de 70 000 plaintes concernant des enfants d’ici au 14 juillet.
