À retenir
- Lundi 19 octobre, Volodymyr Zelensky affirme que les terminaux Starlink décrochent entre 130 et 161 km/h sur plusieurs secteurs du front
- La restriction, apparue sans préavis le 14 octobre, freine les drones intercepteurs lancés contre les Shahed à réaction
- Elon Musk renvoie la responsabilité au gouvernement américain, propriétaire du système militaire Starshield
- Kiev réclame une connexion utilisable à au moins 450 km/h pour contrer les drones russes
Volodymyr Zelensky a reconnu lundi 19 octobre que la connexion Starlink des forces ukrainiennes restait bridée sur plusieurs portions de la ligne de front. S’appuyant sur un rapport du commandant en chef des armées, le président ukrainien indique que le matériel cesse de fonctionner entre 130 et 161 km/h.
Son message, publié sur ses réseaux sociaux, détaille trois conséquences. La logistique du front est entravée, l’emploi des drones intercepteurs contre les Shahed à réaction est limité, tout comme celui des drones de frappe à moyenne portée.
« La vitesse compte pour protéger des vies », écrit-il, en annonçant que le dossier sera de nouveau discuté avec les partenaires de l’Ukraine, « à tous les niveaux ».
Des Shahed à plus de 400 km/h face à des drones ukrainiens bridés
Le seuil de vitesse n’a rien d’un détail technique. Les intercepteurs ukrainiens, pilotés via Starshield, la version militaire de Starlink, doivent rattraper des drones russes à réaction bien plus rapides.
Le 16 octobre à Bruxelles, Volodymyr Zelensky avait chiffré l’écart : les Shahed volaient à plus de 400 km/h quand la vitesse utilisable côté ukrainien était tombée à 78 km/h au plus bas.
Des responsables ukrainiens estiment qu’il faudrait une connexion stable jusqu’à au moins 450 km/h pour mener ces interceptions. Le ravitaillement des positions isolées en eau et en nourriture dépend lui aussi de ces liaisons.
Une restriction imposée sans préavis le matin du 14 octobre
Les militaires ukrainiens ont constaté la coupure le 14 octobre au matin. Selon le ministère ukrainien de la Défense, la limite était fixée à 161 km/h, mais la connexion décrochait en pratique bien plus tôt, dès 72 km/h environ selon les unités et les véhicules.
Le même jour, Mykhailo Fedorov, ministre de la Défense limogé en juillet, annonçait le rétablissement d’une connexion jusqu’à 160 km/h et plaidait pour une suppression pure et simple de la limite.
Deux jours plus tard, Volodymyr Zelensky dressait un bilan mitigé : « Ont-ils retrouvé la vitesse précédente ? Non. Mais la vitesse a-t-elle augmenté ? Oui. » Il évoquait alors des « signaux » de la Maison Blanche en faveur d’un retour à la normale.
La capitale ukrainienne reste par ailleurs exposée aux attaques aériennes russes, comme l’a rappelé la frappe qui a touché la centrale CHP-4 de Kiev.
Elon Musk renvoie la décision à l’armée américaine et à Donald Trump
Interpellé, le patron de SpaceX a décliné toute responsabilité dans le bridage. « Les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement américain et sont contrôlés par lui », a-t-il réagi, ajoutant que toute limite de vitesse ou d’usage est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président.
Nous avions détaillé cette prise de position dans notre article sur le bridage de Starshield que Musk attribue au Pentagone.
L’origine exacte de la décision n’a pas été établie publiquement. Le message du 19 octobre montre en tout cas que, cinq jours après la coupure, l’armée ukrainienne n’a toujours pas retrouvé ses capacités d’avant le 14 octobre.





























