Electronic Arts tourne la page de trente-cinq ans de cotation en Bourse. L’éditeur de Battlefield, EA Sports FC et Les Sims finalise ce mardi 4 août son rachat par un consortium mené par le fonds souverain saoudien PIF, pour 55 milliards de dollars, soit près de 48 milliards d’euros.
L’essentiel
- Rachat à 55 milliards de dollars (près de 48 milliards d’euros), le plus gros LBO de l’histoire du jeu vidéo
- Le consortium réunit le fonds saoudien PIF, Silver Lake et Affinity Partners
- Le PDG Andrew Wilson reste en poste, le siège demeure en Californie
- L’opération arrive après des vagues de licenciements et des fermetures de studios chez EA
Le plus gros rachat par emprunt de l’histoire du jeu vidéo
L’accord avait été annoncé en septembre 2025. Il réunit trois investisseurs autour du fonds saoudien Public Investment Fund : le géant du capital-investissement Silver Lake et le fonds Affinity Partners.
Chaque actionnaire d’EA touche 210 dollars par titre, soit environ 183 euros, un prix qui valorise l’ensemble du groupe à 55 milliards de dollars.
La Commission européenne a donné son feu vert ces dernières semaines, jugeant que l’opération ne posait pas de problème de concurrence sur le marché du jeu vidéo.
Le studio californien a généré 7,53 milliards de dollars de revenus sur son dernier exercice, porté notamment par le lancement de Battlefield 6, dont un essai gratuit avait attiré des millions de joueurs avant sa sortie officielle.
Une stratégie saoudienne qui dépasse largement Electronic Arts
Le PIF n’en est pas à son coup d’essai dans le jeu vidéo. Via sa filiale Savvy Games Group, le fonds détient déjà des participations dans Nintendo et dans Take-Two, pour un montant cumulé qui dépasserait 15 milliards de dollars sur l’ensemble du secteur.
Take-Two, qui prépare de son côté la sortie de GTA 6, a lui aussi dû ajuster son calendrier face aux bouleversements du marché.
Avec Electronic Arts, Riyad ne se contente plus d’un rôle d’actionnaire minoritaire : le PIF prend cette fois le contrôle direct d’un des plus gros éditeurs mondiaux.
Licenciements, studios fermés : les craintes autour du nouvel actionnaire
Ce basculement dans le privé intervient après une période agitée pour l’éditeur. Suppressions de postes, fermetures de studios et annulations de jeux se sont enchaînées ces derniers mois.
Sortir de la Bourse doit, en théorie, offrir plus de latitude à l’éditeur pour se réorganiser loin de la pression des résultats trimestriels.
Cette arrivée d’un fonds souverain comme actionnaire de référence inquiète toutefois une partie des salariés et des joueurs, qui redoutent de nouvelles coupes une fois l’opération bouclée.
Le PDG Andrew Wilson reste à la tête du groupe, dont le siège demeure à Redwood City, en Californie. Aucun changement de direction n’a été annoncé à ce stade.
Ce que ça change pour les joueurs français
Autre signe des mutations en cours dans l’industrie : Sony a récemment annoncé la fin programmée des jeux PlayStation en version disque d’ici 2028.
Pour les joueurs français, la transaction ne change rien dans l’immédiat aux jeux disponibles ni à leurs prix. EA Sports FC, Les Sims et Battlefield 6 continuent d’être développés et commercialisés normalement.
La vraie question porte sur le moyen terme. Un actionnariat privé, dominé par un fonds souverain, pourrait redessiner les priorités du studio, entre paris plus risqués sur de nouvelles licences et arbitrages plus rapides sur celles jugées les moins rentables.


