Dernière heure
Actus

Qui est Philippe Jaenada, prix Goncourt 2026 pour L’Inconnue du quai de Javel ?

Couronné chez Drouant pour L'Inconnue du quai de Javel, le romancier enquête depuis 2013 sur d'anciennes affaires criminelles. Son parcours, ses livres et sa méthode.

Journaliste — Publié le
5 min de lecture
Philippe Jaenada, prix Goncourt 2026 : l’écrivain qui rouvre les affaires classées
Image d’illustration générée par IA

À retenir

  • Philippe Jaenada a reçu le prix Goncourt mardi 3 novembre 2026 chez Drouant, à Paris, avec six voix contre trois pour Sylvain Prudhomme.
  • Son roman L’Inconnue du quai de Javel, paru chez Flammarion le 12 août, revient sur l’assassinat jamais élucidé d’un modèle parisien en 1949.
  • Né en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, l’écrivain avait déjà obtenu le prix de Flore en 1997 puis le Femina en 2017.
  • Depuis Sulak en 2013, chacun de ses livres reprend pièce par pièce un ancien dossier criminel resté trouble.
Au sommaire
  1. L’Inconnue du quai de Javel rouvre un meurtre de septembre 1949
  2. De Saint-Germain-en-Laye au prix de Flore, un parcours fait de petits boulots
  3. Sulak, La Serpe, Au printemps des monstres : les faits divers comme matière première
  4. Une méthode d’enquête bâtie sur les archives judiciaires

Philippe Jaenada a remporté mardi 3 novembre le prix Goncourt 2026 pour L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion). Au dernier tour de vote, au restaurant Drouant, six jurés l’ont choisi et trois ont soutenu Sylvain Prudhomme, rapporte Livres Hebdo. Yannick Haenel et Clémentine Mélois complétaient la liste finale.

Le romancier entre au palmarès avec un livre de 528 pages, déjà vendu à près de 60 000 exemplaires.

Publicité

L’Inconnue du quai de Javel rouvre un meurtre de septembre 1949

Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée étranglée sur le quai de Javel, au bord de la Seine. Les enquêteurs l’identifient : Louise Cansot, originaire de Tréguier, posait pour les peintres de Montparnasse, précise franceinfo.

Quatre suspects apparaissent au fil de l’enquête. Personne n’est arrêté et l’affaire finit classée.

Soixante-dix-sept ans après les faits, l’écrivain propose sa propre solution. Pour la bâtir, il s’est appuyé sur des archives judiciaires et sur une relecture des Maigret de Georges Simenon, dont il emprunte la méthode d’immersion.

De Saint-Germain-en-Laye au prix de Flore, un parcours fait de petits boulots

Philippe Jaenada est né en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. Avant de publier, il a vécu de travaux d’écriture alimentaires : messages pour le Minitel rose, articles pour la presse people, traductions de romans de gare. Il a aussi tenu des chroniques dans L’Autre Journal.

Son premier roman, Le Chameau sauvage, sort en 1997 et décroche le prix de Flore. La Bibliothèque nationale de France recense ensuite une quinzaine d’autres ouvrages.

Sulak, La Serpe, Au printemps des monstres : les faits divers comme matière première

Le tournant date de 2013 avec Sulak, consacré au cambrioleur Bruno Sulak. Deux ans plus tard, La Petite Femelle raconte Pauline Dubuisson, jugée en 1953 pour avoir tué son amant.

Publicité

En 2017, La Serpe reprend le triple assassinat du château d’Escoire, en Dordogne, commis en 1941. Henri Girard, accusé puis acquitté, publiera plus tard Le Salaire de la peur sous le nom de Georges Arnaud. Le livre vaut à Jaenada le prix Femina.

Au printemps des monstres, en 2021, revient sur Lucien Léger, condamné à la perpétuité en 1966. L’essai Sans preuve et sans aveu s’intéresse à un autre dossier criminel, celui d’Alain Laprie.

En 2024, La désinvolture est une bien belle chose, sur la mort d’une jeune femme de Saint-Germain-des-Prés en 1953, figurait déjà dans les sélections du Goncourt et du Renaudot.

Votre argent, vos droitsFioul domestique : livraisons en chute de 35,6 %, la remise au litre doit figurer au devis

Une méthode d’enquête bâtie sur les archives judiciaires

Jaenada part toujours des documents : dossiers d’instruction, procès-verbaux de police, journaux de l’époque, témoignages. Il y relève les contradictions et les pistes que les enquêteurs ont laissées de côté.

Ses récits mêlent reconstitution historique, humour et longues digressions sur sa vie d’écrivain au travail.

Ce Goncourt clôt une semaine de prix d’automne ouverte lundi 2 novembre par Philippe Vasset, lauréat du Médicis par cinq voix contre quatre.

Publicité

Votre avis nous intéresse

Une réaction, un témoignage, une précision ? Écrivez-nous en quelques lignes : la rédaction relit chaque message avant de le publier.

Donner mon avis

Les réactions sont relues avant publication ; les liens ne sont pas acceptés. Votre nom et votre message sont conservés pour la modération. Confidentialité

Chaque jourLe quiz du jour5 questions sur l’actu télé, musique et cultureJouer

Comment nous travaillons · Signaler une erreur

Retrouvez-nous aussi sur