À retenir
- Jordan Bardella qualifie de « lamentable » l’intervention de huit minutes prononcée dimanche 18 octobre par le chef de l’État
- Pour Manuel Bompard, coordinateur de LFI, Emmanuel Macron « a parlé pour ne rien dire »
- La CGT et le Snes-FSU reprochent l’absence de toute annonce concrète sur la vie chère, les jeunes et l’éducation
- Le Premier ministre doit réunir partis, syndicats, lycéens et étudiants dans les prochains jours
Au sommaire
Emmanuel Macron n’a convaincu ni ses opposants ni les syndicats. Dans les minutes qui ont suivi son allocution télévisée de dimanche soir, consacrée aux violences et aux pillages du 17 octobre, les critiques se sont succédé, de l’extrême droite à la gauche radicale en passant par une partie du bloc central.
Le président de la République avait dit sa « colère » et sa « honte » face aux destructions, tout en demandant de ne pas confondre les manifestants aux revendications jugées légitimes avec les casseurs. Le détail de ses annonces figure dans notre article sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron dimanche soir.
Jordan Bardella juge l’allocution « lamentable »
Le président du Rassemblement national a été parmi les premiers à réagir. Il a parlé d’une « lamentable allocution d’Emmanuel Macron » et estimé que le pouvoir n’avait « plus rien à dire aux Français ».
Jordan Bardella affirme aussi que « la France a été humiliée » et met en cause LFI et ce qu’il appelle ses « proxys », rapporte la RTBF.
Avant même la prise de parole présidentielle, Marine Le Pen avait dénoncé en fin d’après-midi un « pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté ».
Manuel Bompard : « Il a parlé pour ne rien dire »
Côté insoumis, le ton est tout aussi sévère. « Il a parlé pour ne rien dire. C’est absolument irresponsable de prendre la parole ce soir pour ne rien dire », a lancé Manuel Bompard, cité par franceinfo.
Le coordinateur de La France insoumise reproche au chef de l’État de laisser sans réponse les revendications portées par la mobilisation.
Ces critiques prolongent la passe d’armes ouverte samedi, lorsque Sébastien Lecornu avait accusé Jean-Luc Mélenchon après les premières scènes de violence.
Sophie Binet et le Snes-FSU déplorent l’absence d’annonces
La secrétaire générale de la CGT a pointé un discours sans contenu social. « Le problème dans son discours de ce soir, c’est qu’il ne fait aucune annonce concrète pour répondre à la mobilisation des jeunes, à la vie chère ou au déclassement des services publics et à la multiplication des licenciements », a déclaré Sophie Binet.
Même constat chez les enseignants. « Sur la partie éducation, c’est toujours le vide absolu », a réagi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré.
La CGT revendiquait plus de 500 000 manifestants samedi, comme nous l’avions rapporté dans notre point sur la journée du 17 octobre et ses violences.
Édouard Philippe réclame de l’autorité
Les critiques sont aussi venues du camp présidentiel élargi. Candidat d’Horizons à l’élection présidentielle, Édouard Philippe a eu une formule courte : « Notre pays a besoin d’être commandé. »
L’ancien Premier ministre se démarque ainsi d’Emmanuel Macron sur la gestion de l’ordre public, à quelques mois de la campagne.
Lecornu doit recevoir partis et syndicats cette semaine
Le chef de l’État a confié à Sébastien Lecornu le soin de réunir « dans les prochains jours » les partis politiques, les syndicats ainsi que des représentants des lycéens et des étudiants.
Cette séquence de concertation sera le premier test de la réponse gouvernementale. Avant l’allocution, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, avait déjà réclamé la démission du ministre de l’Intérieur, selon la RTBF.




























