À retenir
- Sébastien Lecornu reproche sur X à Jean-Luc Mélenchon une « inversion dangereuse et cynique des responsabilités » après ses critiques contre la police
- Emmanuel Macron promet que les auteurs de pillages et d’attaques contre les mairies seront « poursuivis et punis »
- Le RN et la droite dénoncent l’ultragauche, LFI et les Écologistes mettent en cause la doctrine de maintien de l’ordre
- À Limoges, le maire LR Guillaume Guérin va porter plainte, une marche des élus est prévue dimanche à 17 h
Au sommaire
- Mélenchon vise le « commandement », Lecornu lui répond sur X
- Emmanuel Macron promet des poursuites contre les pilleurs de mairies
- Le RN et la droite réclament une réponse pénale sévère
- Marine Tondelier rejoint LFI contre la doctrine de maintien de l’ordre
- À Limoges, Guillaume Guérin dénonce « de la haine » et porte plainte
Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Lecornu se sont opposés sur X samedi 17 octobre, au soir d’une journée de mobilisation contre la vie chère marquée par des pillages, des bâtiments publics attaqués et l’incendie de la mairie de Limoges. Le leader insoumis accuse le commandement policier, le Premier ministre lui renvoie la responsabilité.
Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 550 000 personnes ont manifesté en France, dont 110 000 à Paris, et près de 400 personnes ont été interpellées.
Mélenchon vise le « commandement », Lecornu lui répond sur X
Jean-Luc Mélenchon a ouvert l’échange par un message publié sur X : « Dans Paris, le commandement aberrant a ouvert la porte au chaos. Les chefs ne savent plus que faire, la troupe a peur et se déchaîne. » Dans le même texte, il demande à ceux qui partagent son combat de se tenir à l’écart des pillages.
La réponse de Sébastien Lecornu est arrivée sur le même réseau.
« Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités », écrit le Premier ministre, qui invite le député à désigner clairement les responsables.
Dans un autre message, Sébastien Lecornu affirme que les forces de l’ordre ont affronté « une violence d’une extrême intensité ». Il prévient que l’exécutif ne se laissera « pas intimider ».
Emmanuel Macron promet des poursuites contre les pilleurs de mairies
Le chef de l’État a durci le ton dans la soirée. « Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis », a-t-il écrit sur X.
La veille, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron avait appelé au calme et rappelé que le droit de manifester s’accompagne du respect des personnes et des biens.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a dénoncé sur X « des violences urbaines d’une gravité inouïe ». Il demande aux parquets de requérir la détention provisoire contre les auteurs d’attaques visant policiers, pompiers, bâtiments publics et commerces.
Laurent Nuñez impute pour sa part la dégénérescence des cortèges à l’ultragauche et à l’extrême gauche radicale. Il assure que le dispositif policier n’était pas sous-dimensionné et écarte l’état d’urgence.
Le RN et la droite réclament une réponse pénale sévère
Marine Le Pen estime que des « revendications sociales légitimes » ont été « prises en otage par l’extrême gauche ». Jordan Bardella évoque sur X « les professionnels du chaos » et parle de la convergence entre un « terrorisme d’ultra-gauche » et des « populations délinquantes ».
À droite et au centre, le registre est le même, d’après le relevé publié par LCP. Édouard Philippe veut que les auteurs soient « tous pourchassés et punis avec une grande sévérité », Bruno Retailleau (LR) appelle à « la force implacable de l’État » et Gabriel Attal dénonce une « provocation envers l’autorité de l’État ».
Marine Tondelier rejoint LFI contre la doctrine de maintien de l’ordre
Présente place de la République à Paris, la secrétaire nationale des Écologistes a critiqué la doctrine française de maintien de l’ordre. Elle juge l’usage de la force disproportionné. Manuel Bompard (LFI) accuse le gouvernement de chercher « le désordre plutôt que de répondre aux revendications ».
Plusieurs maires de grandes villes ont réagi. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a condamné les violences « avec la plus grande fermeté ». À Marseille, Benoît Payan a obtenu des renforts après l’intrusion dans l’hôtel de ville, un épisode détaillé dans notre article sur la mairie de Marseille brièvement envahie samedi.
À Limoges, Guillaume Guérin dénonce « de la haine » et porte plainte
Le maire LR de Limoges a tenu une conférence de presse quelques heures après l’incendie de l’hôtel de ville. « Ce n’est pas de la bêtise, c’est de la haine », a déclaré Guillaume Guérin, cité par France 3 Nouvelle-Aquitaine. Il décrit des auteurs méthodiques et organisés, annonce une plainte et attend des réquisitions fermes.
Les députés insoumis de la Haute-Vienne Damien Maudet et Manon Meunier ont condamné les destructions sur les réseaux sociaux. Ils ont exprimé leur solidarité avec les agents municipaux.
Les élus de Limoges Métropole appellent à une marche républicaine dimanche 18 octobre à 17 h, place de la République à Limoges. Les dégâts du bâtiment historique sont détaillés dans notre article sur l’effondrement du campanile de la mairie de Limoges.























