À retenir
- Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche 18 octobre à 20 heures, au lendemain des violences du 17 octobre
- Les préfets décideront avec les maires de la protection des villes, jusqu’à interdire certains rassemblements
- Le Premier ministre présidera une cellule de crise pour accélérer les aides aux commerçants touchés
- Le chef de l’État part lundi matin dans les pays du Golfe pour sécuriser les approvisionnements en carburant
Au sommaire
Emmanuel Macron a choisi la fermeté envers les casseurs et l’écoute envers les manifestants, dimanche 18 octobre à 20 heures. Dans son allocution prononcée depuis l’Élysée, le chef de l’État a répondu aux pillages et aux destructions qui ont marqué la veille la mobilisation contre la vie chère.
Le texte intégral a été publié dans la soirée par la présidence de la République.
« Rien ne le justifie » : Macron vise l’ultragauche et les délinquants
Le président a d’abord désigné les auteurs des violences. Il a évoqué « des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants », qui se sont livrés selon lui à « une violence débridée ».
« Rien ne le justifie. Rien ne l’explique. Rien ne l’excuse », a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron a exprimé « le soutien de la nation » aux forces de l’ordre. Selon le bilan relayé par franceinfo, 997 policiers et gendarmes ont été blessés samedi, dont sept grièvement, et 2 397 personnes ont été interpellées.
« Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser », a ajouté le chef de l’État, qui réclame des suites judiciaires pour chaque infraction.
Il a aussi demandé au gouvernement « d’en tirer toutes les leçons en matière de renseignement et d’anticipation ». « Toute la transparence sera faite », a-t-il promis.
Les préfets pourront interdire des rassemblements, en lien avec les maires
Première mesure concrète : les préfets décideront en lien avec les maires des dispositifs pour protéger les villes, les bâtiments publics et les commerces. Le président n’exclut pas d’aller « jusqu’à interdire quand il le faut certains rassemblements ».
« À l’égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences, nous serons intraitables », a-t-il prévenu.
Deuxième annonce : le Premier ministre présidera une cellule de crise pour les commerçants, les artisans et les acteurs économiques touchés, afin de mobiliser « les aides les plus rapides ». Des bâtiments publics ont aussi été visés, comme l’hôtel de ville de Limoges, dont le campanile s’est effondré.
Carburants et jeunesse : Macron reconnaît des revendications « légitimes »
Le chef de l’État a refusé tout amalgame. « Plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes », a-t-il reconnu, avant d’ajouter : « Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé. »
La CGT avait revendiqué plus de 500 000 manifestants dans toute la France samedi.
Emmanuel Macron a repris les inquiétudes exprimées sur le coût de la vie et le prix des carburants. Il a annoncé qu’il partirait lundi matin dans les pays du Golfe « pour sécuriser nos approvisionnements ».
Il s’est aussi adressé aux lycéens et aux étudiants. « Notre jeunesse exprime une angoisse profonde dans les lycées comme dans les universités », a-t-il déclaré, en rappelant qu’une plateforme de l’Éducation nationale a déjà recueilli plus de 100 000 contributions.
Élèves, syndicats et patronat réunis par le gouvernement cette semaine
Dernier volet : une concertation menée par le Premier ministre. Élèves, étudiants, enseignants, organisations patronales et syndicales, élus locaux et parlementaires travailleront « dès cette semaine avec le gouvernement ».
« L’écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse, ni l’impunité », a conclu le président de la République.





























