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Samedi 17 octobre, la mobilisation contre la vie chère a rassemblé des cortèges dans tout le pays, plus de 500 000 personnes selon la CGT. La journée, d'abord calme, a ensuite été marquée par des heurts à Paris, des intrusions dans des hôtels de ville et un incendie à la mairie de Limoges. Les réactions politiques ont été vives.
Une mobilisation massive, des chiffres qui divergent
Environ 500 actions étaient prévues samedi, dont plus de 90 défilés, selon l’entourage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Une source proche du dossier tablait sur 150 000 manifestants hors agglomération parisienne.
À midi, 32 800 personnes avaient participé à 140 actions en région, selon le ministère de l’Intérieur. À 17 heures, la CGT en comptait plus de 500 000 dans tout le pays, pour 1 750 rassemblements ou cortèges. Le syndicat parle de la plus forte mobilisation depuis la rentrée.
Localement, Tarbes a réuni 1 600 personnes, selon La Dépêche. À Montpellier, le défilé a rassemblé jusqu’à 35 000 manifestants, selon Midi Libre. Gilets jaunes, lycéens, étudiants, enseignants et retraités se sont retrouvés dans les cortèges. Des barrages filtrants ont aussi été tenus sans incident à Rennes et à Gaillac.
Paris : gaz lacrymogènes et cortèges vers les lieux de pouvoir
Des échauffourées ont éclaté place de la République. Les forces de l’ordre y ont utilisé des gaz lacrymogènes. Après des attaques contre un magasin, une partie de la place a été évacuée peu après 14 heures.
Plusieurs défilés non autorisés ont tenté de rejoindre des sites du pouvoir, que la police s’est efforcée de bloquer. Des manifestants ont été stoppés à 150 mètres de l’Élysée, selon BFMTV.
À 16 heures, le parquet comptait 195 interpellations dans la capitale. Parmi elles, 74 majeurs et 13 mineurs ont été placés en garde à vue, principalement pour participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations. Au niveau national, on dénombrait 166 arrestations à la mi-journée, selon le cabinet du ministre de l’Intérieur.
Des hôtels de ville pris pour cible
À Marseille, des manifestants se sont introduits dans la mairie. Le maire, Benoît Payan, a annoncé l’envoi de renforts après un échange avec le chef de l’État. Il a aussi été joint par le ministre de l’Intérieur. Un poste de police municipale a été dégradé et des boutiques ont été pillées. Le Parisien évoque une journée qui a basculé dans l’émeute.
L’hôtel de ville de Lille a également été envahi, selon BFMTV. À Bordeaux, des manifestants sont entrés dans la cour de la résidence préfectorale. Un déploiement du RAID, évoqué par LCI, n’était pas confirmé officiellement.
Le soir, la mairie de Limoges a pris feu après la fin du défilé. Des individus en groupe ont visé le bâtiment, selon la préfecture. Un témoin a raconté que les flammes avaient gagné une aile, puis la toiture.
Pillages, affrontements et un blessé grave
À Lyon, des casseurs ont saccagé l’office de tourisme, qui a ensuite été touché par un incendie, selon Le Parisien. À Caen, des magasins ont été pillés et des policiers municipaux ont reçu des projectiles, selon actu.fr. À Valence, des commerces du centre auraient été dévalisés, selon Le Dauphiné.
Des affrontements ont aussi été signalés à Saint-Nazaire, à Annecy et à Chambéry. À Bordeaux, des pavés ont été lancés contre un fourgon de CRS. À Lorient, les heurts se poursuivaient après la tombée de la nuit, et une personne au moins a été touchée.
À Saint-Étienne, un manifestant a perdu une main à cause d’une grenade de la police, selon BFMTV.
Réactions politiques et bilan du mouvement lycéen
Jean-Luc Mélenchon a salué une mobilisation massive et paisible. Il a reproché aux chaînes d’information de privilégier les images de violences. Jordan Bardella a qualifié les manifestants de « professionnels du chaos ». Marine Le Pen a accusé l’extrême gauche de récupérer les revendications sociales.
Marine Tondelier a critiqué la gestion policière des cortèges. Olivier Faure a dénoncé les casseurs, qui abîment à ses yeux une mobilisation puissante et joyeuse. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu les responsables policiers sur X. Il juge dangereux et cynique de les tenir pour coupables des violences. Le maire de Paris a condamné les saccages. Celui de Toulouse a accusé La France insoumise et la CGT de couvrir les casseurs.
Le mouvement lycéen, lui, a donné lieu en un mois à 7 950 gardes à vue, dont 6 773 de mineurs, selon le ministère de l’Intérieur. Il compte 26 placements en détention provisoire et 2 735 poursuites engagées. Les blessés recensés sont 937 policiers et gendarmes, 248 lycéens et 149 personnels de l’éducation. L’IGPN a été saisie de 36 enquêtes visant des policiers.
Retrouvez le déroulé complet de la journée dans notre notre direct.






























