Depuis le 1er septembre 2026, refuser en pharmacie un médicament hybride ou biosimilaire proposé en remplacement de votre traitement habituel vous fait perdre le tiers payant. Vous devez alors avancer la totalité du prix au comptoir, avant d’être remboursé par l’Assurance maladie sur la base du médicament de substitution le moins cher du groupe, et non sur celle du produit que vous avez réellement acheté.
L’essentiel
- Depuis le 1er septembre 2026, refuser un hybride ou un biosimilaire sans justification médicale fait perdre le tiers payant en pharmacie
- Le patient avance le prix total, puis n’est remboursé que sur la base du médicament substitué le moins cher du groupe, jamais sur celle du produit acheté
- Une mention « non substituable » du médecin, dans des cas précis, permet d’échapper à cette règle
- La mesure s’appuie sur l’article L.162-16-7 du Code de la sécurité sociale, issu de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
Ce qui change exactement
Le principe du « tiers payant contre génériques » existait déjà. Il obligeait les patients à avancer les frais s’ils refusaient un médicament générique proposé par leur pharmacien.
Depuis le 1er septembre 2026, ce mécanisme s’étend aux médicaments hybrides et biosimilaires, selon l’annonce publiée par Service-Public.fr le 29 juillet 2026 et confirmée par l’Assurance maladie sur ameli.fr le jour de son entrée en vigueur.
Un médicament hybride contient le même principe actif qu’un traitement de référence, mais en diffère par sa forme, son dosage ou sa voie d’administration. Un biosimilaire, lui, est très proche d’un médicament biologique de référence — une insuline ou un vaccin, par exemple — dont le brevet est tombé dans le domaine public.
Concrètement, si vous refusez la substitution proposée par votre pharmacien sans motif médical reconnu, vous perdez l’avance de frais que permettait votre carte Vitale. Vous payez le médicament en intégralité, puis selon service-public.fr, êtes remboursé « sur la base du médicament biosimilaire ou hybride le plus cher du groupe […] et non sur la base du médicament de référence que vous avez acheté ». Un mécanisme proche de celui déjà en vigueur pour les médicaments moins bien remboursés depuis 2026, où la mutuelle intervient déjà pour limiter le reste à charge.
Un exemple officiel illustre le mécanisme : un médicament de référence coûte 20 €, son équivalent hybride 18 €. En cas de refus, le patient paie 20 € mais n’est remboursé que sur la base de 18 €, avec un reste à charge de 2 € sur ce seul achat.
Qui est concerné
Tous les patients couverts par l’Assurance maladie et recevant une ordonnance comportant un médicament disposant d’un équivalent hybride ou biosimilaire sont concernés. En pratique, la situation se joue au comptoir de la pharmacie.
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Vous acceptez la substitution proposée | Tiers payant maintenu, rien à avancer |
| Vous refusez sans justification médicale | Avance de la totalité du prix, remboursement partiel possible |
| Le médecin a coché « non substituable » (cas justifiés) | Tiers payant conservé malgré le refus |
| Le médicament de référence coûte moins cher que le substitut | Aucun surcoût, remboursement normal |
Les pharmaciens ont l’obligation d’informer le patient avant la délivrance. Les médecins, eux, portent la responsabilité de la mention « non substituable » lorsqu’elle est justifiée.
Comment garder votre tiers payant, étape par étape
- Vérifiez votre ordonnance avant d’aller en pharmacie : une mention manuscrite « non substituable » doit y figurer si votre médecin juge la substitution inadaptée à votre cas.
- Écoutez les explications du pharmacien au comptoir : il doit vous indiquer clairement s’il vous propose un hybride ou un biosimilaire, et pourquoi.
- En cas de doute médical réel — allergie à un excipient, forme galénique inadaptée pour un enfant de moins de 6 ans — signalez-le et demandez à votre médecin de formaliser une mention NS lors de la prochaine consultation.
- Si vous refusez malgré tout, demandez le prix exact du médicament de référence et celui du substitut proposé, pour anticiper le reste à charge éventuel.
- Conservez votre facture : elle sert de base au remboursement ultérieur par l’Assurance maladie, à transmettre si votre pharmacie ne télétransmet pas automatiquement.
Les erreurs à éviter
Ne confondez pas la mention « non substituable » de confort — refuser un générique par simple habitude — et la mention médicalement justifiée. Pour les hybrides, seuls deux cas précis sont reconnus : une contre-indication formelle à un excipient, ou une forme galénique inadaptée chez l’enfant de moins de 6 ans.
Autre piège : penser que la mutuelle compensera automatiquement le reste à charge. Ce n’est pas systématique, et le niveau de prise en charge dépend de votre contrat — un point à vérifier, notamment si vous suivez déjà la hausse du plafond des franchises médicales prévue en octobre, qui pèse déjà sur le budget santé des ménages.
Enfin, n’attendez pas le comptoir de la pharmacie pour aborder le sujet avec votre médecin si vous avez déjà eu une mauvaise expérience avec un générique ou un hybride. La mention NS doit être anticipée sur l’ordonnance, pas négociée après coup.
Questions fréquentes
Cette règle s’applique-t-elle aussi aux médicaments génériques classiques ?
Oui, et depuis plus longtemps : le principe du tiers payant conditionné existait déjà pour les génériques avant de s’étendre, le 1er septembre 2026, aux hybrides et aux biosimilaires.
Que faire si mon pharmacien ne me propose pas de substitution ?
Rien à faire : le tiers payant s’applique normalement. La règle ne concerne que les cas où une substitution est proposée et refusée sans motif médical reconnu.
Le montant remboursé peut-il rester inférieur au prix payé même en cas d’acceptation ?
Non. Si vous acceptez le médicament hybride ou biosimilaire proposé, vous bénéficiez du tiers payant classique et du taux de remboursement habituel, comme pour tout médicament pris en charge par la Sécu, hors ticket modérateur éventuel.
Pour vérifier un taux de remboursement précis ou suivre l’ensemble des évolutions sur la prise en charge des soins, consultez notre page dédiée aux remboursements santé. Cette évolution du tiers payant a été annoncée par Service-Public.fr le 29 juillet 2026 et détaillée par l’Assurance maladie sur ameli.fr à sa date d’entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, en application de l’article L.162-16-7 du Code de la sécurité sociale.















