Après plus d’une semaine de lutte, les pompiers de Gironde reprennent doucement le dessus sur le plus grand incendie qu’a connu la France depuis des décennies. Mais à l’échelle du pays, l’été 2026 a déjà dépassé tous les records de surface brûlée, et une étude internationale pointe directement le changement climatique.
L’essentiel
- 42 000 hectares de forêt de pins ravagés dans les Landes girondines depuis fin juillet
- 144 000 des 220 000 personnes évacuées ont pu rentrer chez elles cette semaine
- La surface totale brûlée en France en 2026 dépasse déjà celle de l’année-record 2022
- Une étude de World Weather Attribution juge le réchauffement climatique responsable de la sévérité de l’épisode
Le feu qui s’est déclaré fin juillet dans le massif forestier à l’ouest de Bordeaux n’a plus progressé depuis plusieurs jours, mais il n’est pas encore totalement éteint. Quatre foyers actifs restent difficiles d’accès pour les équipes au sol. La préfète Sophie Brocas a évoqué vendredi la « première journée un peu optimiste » depuis le début du sinistre, autorisant le retour de 84 000 évacués supplémentaires.
Sur les communes concernées par les mesures d’évacuation à l’ouest et au sud-ouest de Bordeaux, la levée progresse : l’autoroute A63 vers l’Espagne a rouvert, mais l’accès à la presqu’île du Cap Ferret reste fermé, l’unique route la desservant traversant des zones brûlées. Voir aussi l’incendie de Gironde toujours actif sur plusieurs communes, quelques jours avant que la situation ne se stabilise.
Deux pompiers ont perdu la vie en luttant contre les flammes près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac au début du mois. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a indiqué qu’environ 308 personnes ont été interpellées depuis janvier pour des faits liés à des incendies, volontaires ou non, sur l’ensemble du territoire.
2026, une saison qui bat déjà tous les records
À l’échelle nationale, la surface brûlée depuis le début de l’année a déjà dépassé celle de 2022, jusqu’ici l’année de référence en matière de feux de forêt. En visite dans le Gironde, Emmanuel Macron a qualifié l’incendie de « totalement inédit » et « le plus dur depuis la Seconde Guerre mondiale ».
D’autres foyers ont marqué l’été : à Brignoles, dans le Var, l’acteur George Clooney et sa famille comptaient parmi les habitants évacués. L’incendie de Biscarrosse, désormais maîtrisé, avait lui aussi mobilisé d’importants moyens quelques jours plus tôt. Au-delà des frontières, les feux meurtriers qui ont frappé la Crète ont coûté la vie à trois pompiers grecs.
Face à l’ampleur de la crise, l’Ukraine a annoncé l’envoi de 70 pompiers et de 10 véhicules pour renforcer les effectifs déployés en France, selon le ministère de l’Intérieur.
Le rôle confirmé du changement climatique
Une étude publiée vendredi par le réseau de scientifiques World Weather Attribution établit un lien direct entre le réchauffement climatique et la sévérité des feux. Selon leurs travaux, le changement climatique d’origine humaine a rendu les conditions propices aux incendies au moins deux fois plus probables dans le Sud-Ouest de la France, et jusqu’à vingt fois plus probables dans le centre de l’Espagne, également touché.
La chaleur exceptionnelle qui a marqué l’été a eu d’autres conséquences directes : à Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, un réacteur nucléaire a dû être mis à l’arrêt pour la troisième fois de la saison en raison des températures. Voir la vigilance canicule qui touchait 21 départements jeudi, avec des pointes à 40°C dans le Var.
Et maintenant ?
Les autorités espèrent un contrôle total du sinistre girondin d’ici le week-end. Les prévisions météorologiques, avec des températures en baisse et une humidité plus élevée la nuit, jouent en faveur des pompiers. Les milliers d’entreprises qui avaient suspendu leur activité rouvrent progressivement leurs portes.
Reste que la saison des feux, selon les autorités, n’est pas terminée : de nouvelles vagues de chaleur sont annoncées dans les prochains jours sur une large partie du territoire.















